top of page

Varicocèle et fertilité masculine : quand envisager l’embolisation ?

  • 27 mai
  • 7 min de lecture
Médecin masculin discutant d'une échographie de fertilité avec un patient en clinique lumineuse.

La varicocèle peut freiner la fertilité masculine. Une varicocèle est une dilatation des veines du scrotum qui peut gêner la conception ou provoquer une gêne locale; elle est retrouvée chez environ 15 % des hommes de la population générale, mais beaucoup plus souvent chez les hommes qui consultent pour infertilité. (patients.uroweb.org)

La question clé n’est pas seulement “y a-t-il une varicocèle ?”, mais “faut-il la traiter, et par quelle technique ?”. Les recommandations actuelles réservent la prise en charge aux varicocèles cliniques associées à une infertilité et à un spermogramme anormal, alors que les formes subcliniques ou les spermogrammes normaux ne sont pas traités de routine. (uroweb.org)

Pourquoi la varicocèle peut perturber la fertilité

Chez l’homme infertile, la varicocèle est l’une des causes anatomiques les plus souvent discutées. Elle peut s’accompagner d’une baisse de la concentration spermatique, d’une diminution de la mobilité, d’une altération de la morphologie et, dans certains cas, d’une hausse de la fragmentation de l’ADN spermatique. L’EAU souligne aussi que la qualité du spermogramme tend à se dégrader davantage lorsque la varicocèle est plus marquée et que l’âge avance.

Sur le plan clinique, le diagnostic repose d’abord sur l’examen. Les recommandations distinguent les varicocèles subcliniques, les grades 1 à 3 selon la palpation ou la visibilité, et recommandent l’échographie Doppler lorsque l’examen est incertain ou pour compléter l’évaluation du volume testiculaire. Une varicocèle droite isolée doit faire rechercher une autre cause abdominale ou rétro-péritonéale.

Pour un rappel des signes utiles au quotidien, l’article sur les symptômes, le diagnostic et les options de traitement peut aider à mieux situer la varicocèle dans le parcours de soins.

Quand envisager une embolisation ?

L’embolisation se discute surtout quand la varicocèle est clinique, que le couple a un projet de grossesse et que le spermogramme montre une altération de la concentration, de la mobilité ou de la morphologie. Elle peut aussi être proposée pour une varicocèle douloureuse ou pour une récidive après traitement, lorsque l’objectif est de limiter l’invasivité et de récupérer plus vite.

Dans quels cas la discussion est la plus pertinente ?

Situation clinique

Ce que cela évoque

Place de l’embolisation

Varicocèle clinique + infertilité + spermogramme anormal

Le contexte le plus favorable à un traitement de la varicocèle pour améliorer la fertilité.

Option à discuter si le projet est de favoriser une conception naturelle ou de réduire le caractère invasif du traitement. (ncbi.nlm.nih.gov)

Varicocèle persistante ou récidivante après chirurgie

La prise en charge peut être reprise, y compris par voie radiologique. (auanet.org)

Souvent intéressante, car elle évite une nouvelle chirurgie dans certains cas.

Douleur ou gêne scrotale durable

La varicocèle peut être responsable d’un inconfort au quotidien.

Peut être proposée si la gêne est bien attribuée à la varicocèle et persiste malgré la surveillance. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

Varicocèle subclinique ou spermogramme normal

Les recommandations ne soutiennent pas un traitement de routine.

En général, ce n’est pas une indication.

Le tableau ci-dessus résume les situations où la discussion est la plus solide. Il ne remplace pas l’analyse du bilan du couple, car le bénéfice d’un traitement masculin se juge toujours en tenant compte du spermogramme, de l’ancienneté de l’infertilité et du contexte gynécologique.

En pratique, l’embolisation est surtout intéressante quand on veut une approche mini-invasive, en particulier après une récidive ou lorsque le contexte clinique rend ce choix pertinent.

Comment se déroule une embolisation de varicocèle ?

L’embolisation est un geste endovasculaire : un cathéter est introduit dans une veine, puis les veines testiculaires responsables du reflux sont occluses par des coils, une sclérose ou un autre agent d’embolisation. La littérature de référence la décrit comme une option non chirurgicale, mini-invasive, réalisée avec une sédation légère; les recommandations internationales rappellent aussi qu’elle peut se faire sous anesthésie locale et avec une récupération plus courte. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Dans le parcours pratique, le spécialiste vérifie les examens déjà réalisés, le projet de paternité, l’existence d’une douleur, la présence d’une récidive et les facteurs pouvant influencer le geste. Une préparation structurée aide à clarifier le bénéfice attendu, la technique choisie et les précautions à prendre avant l’intervention. Le déroulement, les indications et les suites d’une embolisation sont détaillés dans un autre article du blog, tandis que la préparation d’une embolisation en radiologie interventionnelle rappelle les points de vigilance utiles avant le geste.

Pour une vue centrée sur le geste lui-même, la fiche consacrée à l’embolisation de varicocèle présente la logique du traitement, ses objectifs et sa place dans la prise en charge.

Embolisation ou chirurgie : comment choisir ?

La décision ne repose pas sur une règle unique. Une synthèse internationale comparant traitement chirurgical et traitement radiologique conclut qu’il existe très peu de différences nettes entre les deux stratégies sur les bénéfices, les effets indésirables et les coûts, avec un niveau de preuve très faible; la chirurgie pourrait légèrement favoriser les grossesses et les naissances vivantes, mais les traitements radiologiques restent généralement moins invasifs et permettent souvent une convalescence plus rapide.

  • Varicocèle persistante ou récidivante après chirurgie, car les recommandations admettent alors une reprise en charge par ligature ou embolisation.

  • Volonté de privilégier une approche mini-invasive, avec anesthésie locale ou sédation légère et récupération souvent plus rapide.

  • Bilan de fertilité montrant une varicocèle clinique et un spermogramme anormal, car c’est le contexte où le traitement a le plus de sens.

Autrement dit, l’embolisation n’est pas “mieux” que la chirurgie dans l’absolu; elle est surtout différente, et parfois plus adaptée au projet du patient. Le choix final dépend du bilan, de l’anatomie veineuse, des antécédents et des préférences du couple.

Quels résultats peut-on attendre, et quand ?

Les études les plus solides portent sur la réparation de la varicocèle au sens large, qu’elle soit chirurgicale ou radiologique. Chez les hommes avec varicocèle clinique et spermogramme anormal, les méta-analyses et revues systématiques montrent une amélioration du nombre de spermatozoïdes et de la mobilité; la grossesse spontanée peut aussi augmenter, mais les données sur le taux de naissance vivante restent plus limitées.

À titre d’exemple, l’EAU rapporte chez les hommes avec anomalies du spermogramme une hausse des grossesses cliniques et du comptage spermatique total, tandis qu’une revue Cochrane de 2021, portant sur 5 384 participants, suggère un gain de grossesses avec un RR de 1,55 par rapport à l’attente ou à l’absence de traitement. Une autre méta-analyse a retrouvé des améliorations post-traitement de la concentration, du nombre total, de la mobilité progressive, de la mobilité totale et de la morphologie.

Si vous cherchez un résumé orienté “preuves”, le dossier sur l’embolisation et la fertilité masculine rassemble les principaux enseignements publiés sur le spermogramme et la conception.

Il faut toutefois rester patient : l’amélioration du spermogramme peut prendre jusqu’à deux cycles de spermatogenèse, et les grossesses spontanées sont souvent observées dans les 6 à 12 mois suivant la réparation de la varicocèle. Les données sont donc compatibles avec un bénéfice réel, mais pas immédiat.

Quels sont les risques et les limites de l’embolisation ?

Comme toute procédure, l’embolisation peut échouer, récidiver ou entraîner des effets secondaires. Les complications décrites dans les recommandations incluent la thrombose, la douleur scrotale, une réaction au produit de contraste, une lésion vasculaire, une hémorragie ou une épididymite; en revanche, les traitements radiologiques sont généralement moins invasifs que les chirurgies ouvertes.

Les séries modernes rapportent globalement des taux de succès élevés et peu d’événements graves. Dans une étude rétrospective, 182 embolisations techniquement réussies n’ont été suivies d’aucune complication majeure, ce qui conforte l’idée d’un geste bien toléré lorsqu’il est bien indiqué et bien réalisé. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

FAQ sur la varicocèle, la fertilité et l’embolisation

Quand envisager l’embolisation d’une varicocèle pour améliorer la fertilité masculine ?

On y pense surtout en cas de varicocèle clinique, d’infertilité du couple et de spermogramme anormal. C’est le contexte où les recommandations soutiennent le plus la réparation de la varicocèle. L’embolisation devient particulièrement intéressante si l’on souhaite une solution mini-invasive, si une chirurgie a déjà échoué ou si l’anatomie rend la voie radiologique plus logique. À l’inverse, une varicocèle subclinique ou un spermogramme normal ne justifient généralement pas un traitement de routine.

L’embolisation des varicocèles améliore-t-elle la fertilité et le spermogramme ?

Les données disponibles suggèrent surtout une amélioration du spermogramme, notamment de la concentration et de la mobilité, après réparation de la varicocèle. La grossesse spontanée peut aussi augmenter chez certains couples, mais les études restent moins robustes pour les naissances vivantes. En pratique, le bénéfice se juge sur plusieurs mois, souvent après un délai correspondant à un ou deux cycles de spermatogenèse. Le résultat dépend aussi du bilan féminin et de l’ancienneté de l’infertilité.

En quoi consiste l’embolisation de varicocèle et quels sont les risques et les résultats ?

Il s’agit d’un geste endovasculaire pendant lequel le radiologue interventionnel occlut la veine responsable du reflux à l’aide de coils ou d’un agent d’embolisation. L’intérêt principal est son caractère mini-invasif, souvent sous sédation légère ou anesthésie locale. Les risques existent, notamment récidive, douleur, échec technique ou complications vasculaires et de contraste, mais les séries récentes montrent globalement une bonne tolérance. Les résultats sont meilleurs quand l’indication est bien posée.

L’embolisation est-elle aussi efficace que la chirurgie pour traiter la varicocèle et l’infertilité masculine ?

Les comparaisons directes ne montrent pas de vainqueur évident. Une synthèse internationale conclut à des différences faibles ou incertaines entre chirurgie et traitement radiologique, avec un niveau de preuve très faible. En réalité, le bon choix est celui qui s’adapte le mieux au profil du patient et à l’objectif de fertilité.

Quels critères médicaux permettent de décider d’une embolisation plutôt qu’une chirurgie pour varicocèle ?

Les critères les plus utiles sont la présence d’une varicocèle clinique, l’existence d’une infertilité avec spermogramme anormal, la récidive après chirurgie, la préférence pour une technique mini-invasive et les contraintes liées aux antécédents ou à l’anatomie veineuse. L’examen clinique, le spermogramme et l’échographie Doppler servent à cadrer la décision. Dans tous les cas, la discussion doit intégrer le contexte du couple et l’objectif de conception.

Et maintenant ?

Si vous souhaitez faire le point sur votre varicocèle et votre projet de paternité, commencez par la page d’accueil de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 puis par la fiche dédiée à l’embolisation de varicocèle pour comprendre le parcours proposé et préparer une discussion spécialisée. Pour aller plus loin, consultez RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78.

 
 
21 rue Moxouris, Le Chesnay

Contact
21 Rue Moxouris

78150 Le Chesnay-Rocquencourt, France

01 39 63 71 39
sec.coro.hpp2@ramsaysante.fr

Centre embolisation
Parly 2

 

© 2026 by Centre Spécialisé de Radiologie Interventionnelle

bottom of page