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Préparer une embolisation en radiologie interventionnelle (RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78) : examens nécessaires, médicaments à arrêter et conseils post-intervention (FAQ patients)

  • Cedric KTORZA
  • il y a 6 heures
  • 8 min de lecture
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 : préparation à une embolisation en salle d’angiographie, patient allongé, radiologue en tenue stérile montrant une tablette avec imagerie vasculaire, infirmier préparant du matériel stérile, environnement lumineux blanc/bleu sans texte.

Une embolisation se prépare.

Pour réduire les risques (saignement, infection, réaction au produit de contraste) et optimiser votre confort, il est essentiel d’anticiper les examens préalables, les traitements à adapter (anticoagulants, antiagrégants, diabète…) et l’organisation du retour à domicile. Cette FAQ patient, pensée pour le parcours de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78, vous donne une trame claire et pratique, sans remplacer les consignes personnalisées remises par l’équipe médicale. (has-sante.fr)

Pour découvrir le centre et les informations pratiques, consultez la page d’accueil : Centre Spécialisé de Radiologie Interventionnelle Parly II (Yvelines).

Comprendre l’embolisation (en quelques minutes)

Le principe : “boucher” un vaisseau de façon ciblée

L’embolisation est une technique mini-invasive de radiologie interventionnelle : un microcathéter est guidé dans les vaisseaux (souvent via une ponction au pli de l’aine ou au poignet), puis des agents d’embolisation (microsphères, coils/spirales, colle, etc.) sont libérés pour réduire ou arrêter un flux sanguin vers une cible (lésion, zone inflammatoire, saignement…). Le geste se fait sous imagerie (radioscopie) et utilise fréquemment un produit de contraste iodé. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Exemples d’embolisation (selon l’indication médicale)

Les indications varient : pathologies gynécologiques, urologiques, vasculaires, douleurs liées à l’inflammation, etc. Pour des exemples de parcours par thématique, vous pouvez consulter :

Si vous souhaitez une explication plus générale de la discipline : La radiologie interventionnelle : qu’est-ce que c’est ?

Avant le jour J : la préparation étape par étape

1) Le point clé : votre “dossier” (médicaments, allergies, antécédents)

Avant une embolisation, l’équipe a besoin d’informations très concrètes :

  • Liste complète des traitements (ordonnances et automédication) : anticoagulants/antiagrégants, anti-inflammatoires, traitements du diabète, compléments “naturels”.

  • Allergies (médicamenteuses, antécédents avec produit de contraste).

  • Fonction rénale (antécédents d’insuffisance rénale, dialyse, greffe).

  • Risque hémorragique/thrombotique : stent coronaire récent, AVC, phlébite/embolie pulmonaire, trouble de la coagulation.

  • Grossesse (ou possibilité de grossesse) : important car certains gestes utilisent des rayons X.

Cette étape est déterminante : les recommandations d’arrêt/reprise des anticoagulants et antiagrégants se font toujours au cas par cas (type de geste, risque de saignement, risque de thrombose, fonction rénale, etc.). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

2) Examens fréquemment demandés (selon votre situation)

Il n’existe pas une liste “unique” valable pour tout le monde, mais voici les examens le plus souvent envisagés avant un geste d’embolisation :

  • Analyse sanguine : hémoglobine/plaquettes (NFS), bilan de coagulation (TP/INR, TCA) si pertinent, créatinine et eGFR pour évaluer la fonction rénale (important si produit de contraste iodé). (esur-cm.org)

  • ECG et/ou avis d’anesthésie si une sédation/anesthésie est prévue (selon votre âge, antécédents, type de geste).

  • Imagerie préalable (échographie, scanner, IRM) : souvent déjà réalisée pour poser l’indication et cartographier la zone à traiter.

  • Test de grossesse si nécessaire (selon âge et contexte), car les procédures guidées par radioscopie exposent aux rayons X. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

3) Produit de contraste, rein et diabète : ce qu’il faut savoir

Beaucoup d’embolisation utilisent un produit de contraste iodé. Deux points sont particulièrement importants :

  • Fonction rénale : en cas d’eGFR bas, l’équipe adapte la stratégie (hydratation, quantité de contraste, alternatives…). (esur-cm.org)

  • Metformine : certaines recommandations prévoient une interruption temporaire dans des situations à risque (notamment selon eGFR et voie d’injection du contraste, en particulier intra-artérielle). (esur-cm.org)

À noter : les recommandations évoluent selon les sociétés savantes et le niveau de risque. Une référence souvent citée en Europe est l’ESUR (European Society of Urogenital Radiology), qui détaille précisément les cas où la metformine peut être poursuivie et ceux où elle doit être arrêtée 48 h avant/après. (esur-cm.org)

4) Anticoagulants et antiagrégants : ne rien arrêter seul

Le risque principal si on poursuit certains traitements est le saignement (au point de ponction, interne, hématome). Le risque principal si on arrête “trop” est la thrombose (AVC, infarctus, thrombose de stent, phlébite…). C’est exactement pour cela que les équipes s’appuient sur des recommandations structurées en radiologie interventionnelle et sur des recommandations nationales. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Tableau pratique : médicaments souvent discutés avant une embolisation

Famille

Exemples

Délai d’arrêt “souvent” rencontré (ordre de grandeur)

À retenir

Antiagrégant

Aspirine

Parfois poursuivie ; parfois arrêt ~3 jours dans certains gestes à risque (après avis)

Ne pas modifier sans accord (souvent cardiologique). (has-sante.fr)

Antiagrégant

Clopidogrel

Si arrêt nécessaire : ~5 jours

Peut nécessiter un relais/stratégie adaptée selon le risque thrombotique. (has-sante.fr)

Antiagrégant

Prasugrel

Souvent ~7 jours

Risque hémorragique plus marqué ; décisions au cas par cas. (has-sante.fr)

Antiagrégant

Ticagrélor

Souvent ~5 jours

Décision individualisée, notamment si stent récent. (has-sante.fr)

Anticoagulant oral direct (AOD/DOAC)

Apixaban, rivaroxaban, dabigatran, edoxaban

Souvent 24–48 h (plus si risque hémorragique élevé et/ou insuffisance rénale, surtout dabigatran)

Les délais dépendent beaucoup de la fonction rénale et du geste. (has-sante.fr)

Anticoagulant AVK

Warfarine (Coumadine®…)

Planification sur plusieurs jours (INR cible), parfois relais

Gestion protocolaire (INR, fenêtre d’arrêt, reprise). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Antidiabétique

Metformine

Souvent poursuivie si eGFR ≥ 60 ; arrêt 48 h avant/après dans certains cas (selon eGFR et contraste intra-artériel/risque)

Objectif : éviter complication rare mais grave en cas d’altération rénale. (esur-cm.org)

Important : ce tableau donne des repères généraux issus de recommandations, mais ne remplace jamais les consignes de votre radiologue interventionnel, de votre cardiologue ou de votre anesthésiste. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

5) Jeûne (à adapter si sédation/anesthésie) : règle simple

Si une sédation ou une anesthésie est prévue, on applique classiquement des règles de jeûne préopératoire : pas de solides dans les 6 heures précédant l’anesthésie et liquides clairs jusqu’à 2 heures avant, sauf consignes spécifiques. Ces repères sont cohérents avec des recommandations européennes publiées (ESA). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Le détail pratique (heure exacte, traitement du diabète le matin, eau autorisée, etc.) est toujours donné par l’équipe, car certaines embolisations se font sous simple anesthésie locale alors que d’autres nécessitent une sédation plus profonde.

6) Checklist “prête à partir” (à préparer la veille)

  • Vos ordonnances, votre liste de médicaments et vos résultats récents (prise de sang, imagerie, ECG si réalisé).

  • Votre carte de groupe sanguin si vous en avez une, et toute information de cardiologie (stent, DAPT, etc.).

  • Un accompagnant pour le retour si sédation/antalgiques forts (conduite souvent déconseillée).

  • Vêtements confortables, et de quoi rester au calme 24–48 h après (organisation familiale/travail).

Le jour de l’embolisation : à quoi s’attendre

Avant le geste

Le plus souvent, vous passez par :

  • Accueil, vérification des informations (identité, allergies, traitements, jeûne).

  • Pose d’une perfusion, parfois prémédication (douleur, anxiété, nausées).

  • Installation en salle d’intervention, désinfection cutanée, anesthésie locale au point de ponction.

Pendant le geste

Le radiologue interventionnel guide un cathéter sous imagerie. Selon la zone à traiter, le geste peut durer de quelques dizaines de minutes à plus longtemps (anatomie, difficulté, objectifs). Comme il s’agit d’un geste guidé par rayons X, l’équipe applique des principes de radioprotection ; dans de rares cas de procédures longues, des doses cutanées élevées peuvent survenir, raison pour laquelle un suivi ciblé peut être proposé lorsque les paramètres d’exposition sont importants. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Après le geste : surveillance et repos

Après l’embolisation, une période de surveillance (tension, douleur, point de ponction, reprise de l’alimentation) est habituelle. Le repos et l’immobilisation relative du membre ponctionné peuvent être demandés pendant un temps défini par l’équipe (selon le site d’accès et le dispositif de fermeture).

Après l’intervention : conseils concrets (douleur, activités, signes d’alerte)

Douleur et “syndrome post-embolisation” : fréquent et généralement transitoire

Après certaines embolisations (par exemple sur un organe), il peut exister un syndrome post-embolisation associant douleur/crampes, fatigue, nausées, parfois fébricule. Il est décrit comme l’effet de l’ischémie ciblée et de l’inflammation qui suit. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

Pour l’embolisation des fibromes (UAE/UFE), des ressources cliniques décrivent par exemple une fièvre modérée chez une partie des patientes (jusqu’à environ 1/3 dans une information patient de Stanford) et une douleur dont le pic survient souvent dans les heures suivant le geste, avec amélioration en quelques jours. (stanfordhealthcare.org)

Soins du point de ponction

  • Gardez le pansement selon la durée indiquée, et surveillez : saignement, gonflement, douleur qui augmente, rougeur.

  • Une petite boule ou sensibilité locale peut survenir et s’estomper progressivement (selon les sources d’information patient). (healthcare.utah.edu)

  • Évitez les efforts intenses et le port de charges les premiers jours, selon les consignes.

Activité, travail, sport, conduite : repères utiles

  • Conduite : évitez de conduire si vous avez reçu une sédation ou si vous prenez des antalgiques forts (somnolence possible). (healthcare.utah.edu)

  • Reprise d’activité : une reprise progressive est fréquemment recommandée sur quelques jours ; l’activité “sans limite” est parfois possible au bout d’environ une semaine dans certaines fiches patients d’UFE, mais cela dépend du geste et de votre état. (healthcare.utah.edu)

  • Travail : dépend du métier (sédentaire vs physique) et des symptômes (douleur/fatigue). Anticiper 2–7 jours d’adaptation est souvent raisonnable, mais c’est variable.

Reprise des traitements : un plan écrit est indispensable

La reprise des anticoagulants/antiagrégants est aussi importante que l’arrêt. Des recommandations nationales indiquent par exemple que, selon le risque hémorragique, la reprise peut se faire de façon précoce quand l’hémostase est obtenue, ou être différée (24–72 h) en cas de risque plus élevé. (has-sante.fr)

En pratique, fiez-vous au document de sortie : il précise quoi reprendre, quand, et avec quelles précautions (surveillance du point de ponction, signes d’hémorragie, contrôle biologique si nécessaire).

Signaux d’alerte : quand contacter une équipe médicale en urgence

  • Saignement au point de ponction qui ne s’arrête pas, hématome qui grossit rapidement, malaise.

  • Douleur intense non soulagée par le traitement prescrit.

  • Fièvre élevée, frissons, symptômes qui s’aggravent au lieu de s’améliorer (certaines fiches patients d’UFE proposent des seuils et insistent sur l’association avec frissons/odeurs anormales). (stanfordhealthcare.org)

  • Essoufflement, douleur thoracique, jambe très gonflée/douloureuse (signes potentiels de complication thromboembolique).

  • Signes cutanés inhabituels et tardifs après procédure longue (rougeur persistante, brûlure, zone de dépilation) : rares, mais à signaler car des lésions cutanées liées aux rayons X sont décrites en radiologie interventionnelle à forte dose. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

FAQ patients (RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78)

Quels examens faut-il faire avant une embolisation (prise de sang, rein, coagulation) ?

Le plus souvent, une prise de sang est demandée pour vérifier l’hémoglobine/plaquettes, et surtout la fonction rénale (créatinine, eGFR) si un produit de contraste iodé est prévu. Selon le contexte, un bilan de coagulation (TP/INR, TCA) est utile, notamment si vous prenez un anticoagulant ou si vous avez un antécédent hémorragique. D’autres examens (ECG, avis d’anesthésie, imagerie récente) dépendent de l’âge, des antécédents et du type d’embolisation. (cs.acr.org)

Dois-je arrêter l’aspirine ou le clopidogrel avant une embolisation ?

Ne les arrêtez jamais de vous-même. L’aspirine est parfois poursuivie, mais peut être discutée dans certains gestes à risque hémorragique. Pour le clopidogrel, des recommandations françaises mentionnent un arrêt de l’ordre de 5 jours si l’arrêt est impératif, souvent après avis cardiologique (en particulier si stent ou syndrome coronarien récent). Le prasugrel (souvent 7 jours) et le ticagrélor (souvent 5 jours) suivent aussi des délais typiques, mais la stratégie dépend du risque thrombotique. (has-sante.fr)

Je prends de la metformine : que faire avant une embolisation avec produit de contraste ?

La metformine n’est pas systématiquement arrêtée chez tout le monde. Des recommandations européennes (ESUR) précisent que si l’eGFR est ≥ 60 ml/min/1,73 m², la metformine peut généralement être poursuivie. En revanche, si l’eGFR est plus bas (notamment 30–44) et/ou si le contraste est administré en intra-artériel, un arrêt 48 h avant et une reprise 48 h après, après vérification que la fonction rénale n’a pas deterioré, peuvent être recommandés. Votre équipe vous donnera une consigne personnalisée. (esur-cm.org)

Combien de temps dure la récupération après une embolisation ?

C’est variable selon l’indication, la zone traitée et votre tolérance. Beaucoup de patients reprennent une vie quotidienne légère en quelques jours, avec reprise progressive de l’activité. Après certaines embolisations (par exemple fibromes), un syndrome post-embolisation (douleur, fatigue, fébricule, nausées) peut durer plusieurs jours ; des synthèses scientifiques décrivent des symptômes débutant souvent dans les 24–48 h, avec résolution spontanée en 10–14 jours dans certains cas. L’équipe vous précisera l’arrêt de travail et les restrictions (sport, port de charges, conduite). (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

Quels symptômes sont “normaux” après embolisation et lesquels doivent inquiéter ?

Sont fréquemment attendus : douleur/crampes, fatigue, nausées, petite fièvre (selon le geste), et une gêne au point de ponction. En revanche, doivent vous faire contacter rapidement une équipe médicale : saignement qui persiste, hématome qui grossit, douleur incontrôlable, fièvre élevée avec frissons, malaise, essoufflement, douleur thoracique, ou tout symptôme qui s’aggrave. Certaines fiches patients (ex. UFE) insistent aussi sur une mauvaise odeur/écoulement anormal comme signe possible d’infection à évaluer. (stanfordhealthcare.org)

Et maintenant ?

Si une embolisation vous a été proposée (ou si vous êtes en cours de bilan), vous pouvez consulter les pages thématiques et organiser votre parcours au Centre Spécialisé de Radiologie Interventionnelle Parly II. Pour faciliter les démarches, une option est de passer par le rendez-vous en ligne afin d’obtenir les consignes personnalisées (examens, médicaments, horaires, retour à domicile) adaptées à votre situation.

 
 
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