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Adénomyose utérine : symptômes, diagnostic et place de l’embolisation

10 juin
6 min de lecture
Médecin discutant d'une échographie pelvienne avec une patiente assise en consultation.

L’adénomyose utérine peut bouleverser les règles et la vie quotidienne.

Elle correspond à la présence de tissu endométrial dans le muscle de l’utérus. Les signes les plus fréquents sont des règles douloureuses, des saignements abondants, une douleur pelvienne et parfois des rapports douloureux ; le diagnostic repose aujourd’hui surtout sur l’imagerie, et l’embolisation peut être discutée quand les symptômes persistent malgré les traitements médicaux.

Qu’est-ce que l’adénomyose utérine ?

Sur le plan anatomique, l’adénomyose est une maladie bénigne de l’utérus où l’endomètre s’enfonce dans le myomètre. Elle peut être diffuse ou focale et coexister avec des fibromes ou une endométriose profonde, ce qui complique parfois l’interprétation des symptômes. Elle est plus souvent diagnostiquée après 30 ans, mais peut concerner toute personne ayant des règles. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Longtemps, le diagnostic était surtout porté après hystérectomie. Aujourd’hui, l’échographie endovaginale et l’IRM permettent le plus souvent de formuler une suspicion solide sans chirurgie. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

Symptômes de l’adénomyose utérine : ce qui doit alerter

La présentation clinique varie beaucoup d’une patiente à l’autre. Selon la fiche NHS sur l’adénomyose, certaines femmes ont des symptômes très marqués, tandis que d’autres ne ressentent presque rien.

  • Des règles très douloureuses, parfois au point d’empêcher les activités habituelles.

  • Des règles abondantes ou prolongées, avec des saignements parfois difficiles à contrôler.

  • Une douleur pelvienne en dehors des règles, une sensation de lourdeur abdominale ou une gêne pendant les rapports.

  • L’absence totale de symptômes chez certaines patientes, l’adénomyose étant alors découverte sur un examen d’imagerie réalisé pour une autre raison.

Pour la distinguer d’autres pathologies pelviennes, les indices sont utiles mais non absolus : dans la fiche ACOG sur la douleur pelvienne chronique, l’endométriose est plutôt associée à une douleur qui déborde souvent des 1 à 2 premiers jours des règles et peut s’accompagner de symptômes digestifs ou urinaires cycliques, alors que les fibromes provoquent plus volontiers une sensation de pression, des saignements entre les règles ou des troubles de compression. L’adénomyose, elle, associe surtout dysménorrhée et saignements abondants.

Diagnostic de l’adénomyose utérine : comment faire le point ?

On envisage le bilan devant des règles plus douloureuses, plus abondantes ou irrégulières, une douleur pelvienne persistante, une dyspareunie ou quand il faut éliminer une pathologie proche comme l’endométriose. Le parcours commence presque toujours par une consultation puis une échographie.

  1. La consultation gynécologique et l’examen clinique orientent déjà la suspicion, surtout si les symptômes deviennent durables ou handicapants.

  2. L’échographie endovaginale est l’examen de première intention et s’appuie sur des critères standardisés de type MUSA, avec des signes directs et indirects. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

  3. L’IRM pelvienne prend le relais si l’échographie est ambiguë, si la carte lésionnelle est incomplète ou si l’on suspecte une endométriose associée. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

Tableau récapitulatif des examens clés

Examen

Rôle principal

Place dans le parcours

Consultation et examen clinique

Recueillir le type de douleur, le profil des règles, l’impact sur la vie quotidienne et les antécédents.

Première étape dès que les symptômes deviennent durables ou handicapants.

Échographie endovaginale

Rechercher des signes directs ou indirects d’adénomyose, selon les critères MUSA.

Examen de départ le plus pratique et le plus souvent demandé en première intention.

IRM pelvienne

Préciser l’étendue de la maladie, mieux cartographier les lésions et rechercher une atteinte associée.

Examen de second niveau, utile si l’échographie est incertaine. La zone jonctionnelle d’au moins 12 mm est un critère fréquemment cité.

Confirmation anatomopathologique

Apporter une confirmation histologique quand l’utérus est retiré pour une autre raison.

Référence historique, mais pas un objectif du bilan initial dans la plupart des cas.

Dans la pratique, on retient souvent un diagnostic d’imagerie et de contexte clinique. La confirmation histologique reste surtout liée aux pièces opératoires, ce qui explique pourquoi l’IRM et l’échographie jouent aujourd’hui un rôle central. Une méta-analyse comparative a d’ailleurs montré que l’échographie transvaginale et l’IRM offrent toutes deux une bonne performance diagnostique.

Quelle est la place de l’embolisation ?

L’embolisation utérine consiste à injecter de petites particules pour réduire l’irrigation sanguine des zones atteintes. C’est un geste de radiologie interventionnelle, donc mini-invasif, qui peut se discuter quand on souhaite éviter ou repousser une chirurgie plus lourde. Pour comprendre la logique du geste, le principe d’une embolisation médicale est détaillé sur le site, tout comme le rôle de la radiologie interventionnelle dans ce type de prise en charge. (nice.org.uk)

La décision se prend au cas par cas avec le gynécologue et le radiologue interventionnel. La recommandation canadienne de 2023 sur le diagnostic et la prise en charge de l’adénomyose insiste sur une stratégie adaptée aux symptômes, à la douleur, au saignement et au projet de fertilité ; les options vont des médicaments aux gestes interventionnels, en passant par la chirurgie. La page dédiée à l’embolisation de l’adénomyose résume ce positionnement thérapeutique.

Quand des fibromes coexistent, la réflexion peut rejoindre celle de l’article sur l’embolisation des fibromes face à l’hystérectomie, car l’objectif reste de choisir le geste le plus cohérent avec les symptômes et le désir de conserver l’utérus.

Les contre-indications habituelles d’une embolisation utérine programmée sont la grossesse, une infection pelvienne active ou non traitée et la suspicion de malignité gynécologique ; selon le contexte, une allergie sévère au produit de contraste, une insuffisance rénale ou une coagulopathie peuvent aussi peser dans la balance. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

L’enjeu est surtout de bien informer la patiente, de documenter les alternatives et de choisir le bon moment. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Résultats attendus, limites et alternatives

Les résultats sont souvent encourageants sur la douleur et les saignements. Une synthèse de 2024 rapportait une amélioration symptomatique significative chez 83,1 % des patientes traitées par embolisation des artères utérines (UAE), et une méta-analyse de 2023 retrouvait un taux de réintervention de 12,8 % après embolisation. Autrement dit, le geste peut soulager durablement, mais il ne garantit pas un résultat définitif chez toutes les patientes. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

À court terme, le syndrome post-embolisation est le plus classique : douleurs crampiformes, fatigue, nausées et parfois fièvre. Plus rarement, on redoute une infection, un échec du traitement ou la nécessité d’un geste complémentaire. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

Quand l’embolisation n’est pas la meilleure option, la stratégie peut rester médicale ou chirurgicale : anti-inflammatoires non stéroïdiens, acide tranexamique, contraception hormonale combinée, système intra-utérin au lévonorgestrel, progestatifs, analogues de la GnRH, mais aussi ablation de l’endomètre, excision de l’adénomyose ou hystérectomie selon le projet de vie et la sévérité des symptômes.

FAQ sur l’adénomyose utérine et l’embolisation

Quelles sont les symptômes typiques de l’adénomyose utérine et comment les différencier d’autres pathologies pelviennes comme l’endométriose ou les fibromes ?

L’adénomyose donne surtout des règles douloureuses, des saignements abondants, une douleur pelvienne, parfois une sensation de pesanteur et des rapports douloureux. L’endométriose se distingue souvent par une douleur qui s’étend au-delà des 1 ou 2 premiers jours des règles et par des symptômes digestifs ou urinaires cycliques. Les fibromes, eux, provoquent plus volontiers une sensation de masse ou de pression, des saignements irréguliers et parfois des troubles de compression. Le diagnostic reste toutefois clinique et radiologique, pas uniquement symptomatique.

Quels examens permet-on de réaliser pour diagnostiquer une adénomyose utérine et à quel stade du parcours médical faut-il les envisager ?

On les envisage dès que les règles deviennent plus douloureuses, plus abondantes ou irrégulières, ou devant une douleur pelvienne persistante. Le parcours débute par une consultation gynécologique, puis une échographie endovaginale en première intention. Si l’examen est incertain, l’IRM devient utile pour mieux cartographier la maladie et rechercher une endométriose associée. Les critères MUSA ont standardisé les signes échographiques, et une zone jonctionnelle épaissie en IRM renforce la suspicion.

L’embolisation des artères utérines est-elle une option efficace pour traiter l’adénomyose utérine et quels résultats peut-on attendre à moyen terme ?

Oui, elle peut être efficace chez des patientes bien sélectionnées, surtout quand l’objectif est de réduire la douleur et les saignements sans recourir d’emblée à une chirurgie lourde. Une synthèse de 2024 rapportait une amélioration clinique significative dans 83,1 % des cas, tandis qu’une méta-analyse de 2023 retrouvait 12,8 % de réintervention après UAE. Le résultat moyen terme est donc souvent bon, mais il faut accepter qu’un suivi soit nécessaire et qu’un traitement complémentaire puisse parfois être discuté.

Quelles sont les indications et les contre-indications de l’embolisation de l’adénomyose utérine chez les patientes et comment se décide-t-elle avec le médecin ?

L’embolisation se discute surtout en cas de symptômes gênants malgré un traitement médical, ou si l’on souhaite une option mini-invasive avec conservation de l’utérus. La décision se prend en consultation partagée entre gynécologue, radiologue interventionnel et patiente, en tenant compte de la douleur, du saignement, de l’âge et du projet de grossesse. Les contre-indications majeures sont la grossesse, l’infection pelvienne active ou la suspicion de cancer gynécologique ; d’autres facteurs peuvent aussi modifier l’indication selon le bilan.

Quels risques, effets secondaires et taux de récidive associer à l’embolisation de l’adénomyose utérine et quelles alternatives thérapeutiques peut-on envisager ?

Les effets secondaires les plus habituels sont ceux du syndrome post-embolisation : douleurs, fatigue, nausées et parfois fièvre dans les jours qui suivent. Les complications plus rares incluent l’infection, l’échec du traitement ou la nécessité d’une reprise en charge. Sur le plan du résultat dans le temps, une méta-analyse a retrouvé 12,8 % de réintervention après UAE. Si l’embolisation n’est pas adaptée, les alternatives vont des anti-inflammatoires et traitements hormonaux jusqu’à l’excision de l’adénomyose ou l’hystérectomie selon la situation.

Et maintenant ?

Si vos symptômes font évoquer une adénomyose, la meilleure suite est un avis spécialisé avec imagerie récente et discussion personnalisée. Vous pouvez commencer par la page dédiée à l’embolisation de l’adénomyose puis revenir à la page d’accueil du centre pour préparer votre parcours avec votre médecin. Pour aller plus loin, consultez RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78.

 
 
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