Embolisation dans les Yvelines : indications, déroulement et suites
- Cedric KTORZA
- il y a 16 heures
- 8 min de lecture

L’embolisation est une technique mini-invasive pour traiter une maladie… en bloquant sélectivement un vaisseau.
Dans les Yvelines (78), elle s’inscrit dans la radiologie interventionnelle : un radiologue intervient à l’aide d’un cathéter guidé par l’imagerie (rayons X, échographie), le plus souvent sous anesthésie locale et sédation, avec une récupération généralement plus rapide qu’une chirurgie ouverte.
Ce guide fait le point sur les indications les plus fréquentes, le parcours et surtout les suites après embolisation (douleur, arrêt de travail, reprise du sport, signes d’alerte).
À retenir : l’embolisation vise à traiter la cause (saignement, hypervascularisation, reflux veineux, etc.) tout en préservant au maximum les tissus voisins grâce à un geste ciblé sous contrôle d’imagerie.
Embolisation : de quoi parle-t-on exactement ?
Le principe (simple, mais très précis)
L’embolisation consiste à occlure (boucher) de manière volontaire un ou plusieurs vaisseaux responsables d’un problème : saignement actif, circulation anormale, ou apport sanguin trop important vers une lésion. Le radiologue interventionnel navigue dans les artères ou les veines grâce à un microcathéter et délivre un agent d’embolisation (microbilles, coils/spirales, colle, mousse, gélatine résorbable…), choisi selon l’indication.
Pourquoi c’est souvent proposé en alternative
Selon les situations, l’embolisation peut permettre :
une approche mini-invasive (ponction de l’artère au pli de l’aine ou au poignet, le plus souvent),
une hospitalisation courte (souvent ambulatoire ou 24–48 h selon le geste et les symptômes),
une récupération plus rapide que certaines chirurgies,
un traitement ciblé sur la zone à traiter.
Pour mieux comprendre la spécialité : découvrir la radiologie interventionnelle et ses principes.
Dans quels cas une embolisation est-elle envisagée ?
Les indications varient selon l’organe concerné, l’intensité des symptômes, les traitements déjà essayés et le bilan d’imagerie. La décision se prend idéalement en concertation (ex. gynécologue + radiologue interventionnel, urologue + radiologue interventionnel).
Gynécologie : fibromes utérins (et autres causes de symptômes)
L’embolisation des artères utérines (souvent appelée embolisation utérine ou UAE/UFE) est une option pour certaines patientes souffrant notamment de saignements abondants, de douleurs et/ou de symptômes de compression liés aux fibromes.
Les données de la littérature montrent une amélioration des symptômes chez une grande proportion de patientes : la recommandation NICE (guidance publiée en 2010) rapporte, dans un registre de 1 387 patientes, 84% d’amélioration à 6 mois et 83% à 24 mois, avec un taux de réintervention rapporté dans un autre registre de 15% à 3 ans (répétition du geste ou chirurgie selon les cas). Pour les suites, CIRSE indique souvent une reprise d’activité légère après quelques jours et un retour aux activités habituelles en 1 à 2 semaines dans la majorité des cas.
En savoir plus sur l’embolisation des fibromes :
recommandations NICE sur l’embolisation des artères utérines et
fiche patient CIRSE (embolisation des fibromes).
Si vous souhaitez lire une présentation dédiée : embolisation utérine : fibromes et adénomyose (CSRI 78).
Urologie : embolisation de la prostate (HBP) et varicocèle
Embolisation de la prostate : elle peut être discutée chez certains hommes présentant une hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) avec symptômes urinaires (jet faible, levers nocturnes, urgenturie…), notamment quand une option mini-invasive est recherchée. Une revue systématique actualisée (J Clin Med, 2024) synthétise les résultats disponibles et les compare à des options chirurgicales selon les études. Sur le long terme, une cohorte monocentrique (Cardiovascular and Interventional Radiology, 2022, 1 072 patients suivis jusqu’à 10 ans) rapporte des taux de réintervention qui augmentent avec le temps (par exemple 21,1% à 5 ans et 58,1% à 10 ans), ce qui souligne l’importance de la sélection et du suivi.
Page dédiée : embolisation de la prostate (CSRI 78).
Embolisation de varicocèle : elle vise à traiter un reflux veineux testiculaire pouvant être associé à une gêne/douleur et/ou un bilan d’infertilité. Une étude rétrospective (CVIR Endovascular, 2025) rapporte une réussite technique de 96% et une réussite clinique de 93,75% (avec un taux de complications faible dans cette série), tout en rappelant que les chiffres varient selon l’anatomie veineuse et les critères de suivi (clinique vs échographie).
Page dédiée : embolisation de varicocèle (CSRI 78).
Proctologie, reins, urgences : autres exemples d’embolisation
Embolisation hémorroïdaire (artères rectales supérieures) : une méta-analyse (Int J Colorectal Dis, 2025, 22 études, 810 procédures) rapporte une réussite technique de 93–100% et une réussite clinique de 63–94%, avec des complications le plus souvent légères et transitoires, et des récidives nécessitant une nouvelle prise en charge dans une proportion variable (8–20% dans la revue). Page dédiée : embolisation hémorroïdaire (CSRI 78) et source scientifique : métanalyse 2025 sur l’embolisation des hémorroïdes (PubMed).
Angiomyolipome rénal : l’embolisation peut être proposée pour réduire le risque de saignement ou contrôler une hémorragie. Une étude (Scandinavian Journal of Urology, 2023) rapporte une diminution de taille observée dans 96% des procédures, avec nécessité d’un suivi radiologique car une repousse peut survenir. Source : embolisation de l’angiomyolipome rénal : résultats à long terme (PubMed, 2023).
Hémorragies (post-partum, traumatiques, digestives…) : en milieu hospitalier, l’embolisation peut être un geste vital pour contrôler un saignement. CIRSE indique par exemple une stabilisation dans >95% des cas pour l’hémorragie du post-partum dans les sources citées sur leur fiche patient (la prise en charge dépend du contexte et de l’organisation locale). À lire : embolisation en cas d’hémorragie du post-partum (CIRSE).
Comment se déroule une embolisation (étapes clés)
1) Consultation, bilan et validation de l’indication
Avant une embolisation programmée, le parcours comprend généralement :
une consultation pour vérifier l’indication, les alternatives et les attentes,
un bilan d’imagerie (échographie, scanner, IRM selon l’organe) pour cartographier les vaisseaux,
un point sur les traitements (anticoagulants/antiagrégants, antidiabétiques, allergies, insuffisance rénale…),
la préparation (consignes de jeûne, prise de sang, organisation du retour).
2) Le geste en salle de radiologie interventionnelle
Le jour J, l’embolisation se déroule le plus souvent sous anesthésie locale, parfois avec sédation. Le radiologue :
ponctionne une artère (souvent fémorale) ou une veine selon le cas,
fait progresser un cathéter puis un microcathéter sous contrôle radioscopique,
réalise une angiographie (cartographie) pour repérer précisément la zone cible,
injecte l’agent d’embolisation de façon super-sélective,
contrôle le résultat immédiat, puis retire le matériel et assure l’hémostase au point de ponction.
3) Surveillance et retour à domicile
Après le geste, une phase de surveillance permet de contrôler la douleur, la tension, le point de ponction et la tolérance générale. La durée de surveillance et le mode d’hospitalisation (ambulatoire vs nuit sur place) dépendent surtout :
de l’organe traité (ex. utérus : douleurs crampiformes possibles),
du terrain (anticoagulants, comorbidités),
de la complexité vasculaire et du temps de procédure.
Les suites après embolisation : à quoi s’attendre
Les suites “classiques” (les plus fréquentes)
Sans que ce soit systématique, on observe souvent :
douleurs (crampes, tiraillements) dans les premières 24–72 h,
fatigue quelques jours,
un hématome ou une sensibilité au point de ponction,
selon l’indication, un syndrome post-embolisation : douleurs, nausées, fébricule (souvent transitoire, typiquement sur quelques jours ; décrit notamment après embolisation utérine).
Les fiches patients (par exemple CIRSE) décrivent fréquemment une reprise d’activité légère après quelques jours et un retour aux activités habituelles en 1 à 2 semaines pour l’embolisation des fibromes, avec un suivi clinique et parfois une IRM de contrôle à quelques mois.
Repères pratiques : indications et suites typiques
Indication (exemples) | But du geste | Hospitalisation (souvent) | Suites attendues | Suivi |
|---|---|---|---|---|
Fibromes utérins | Réduire saignements / volume / symptômes | Souvent courte (ambulatoire ou 24–48 h selon douleur) | Crampes, fatigue, possible fébricule (quelques jours) | Consultations + imagerie (souvent IRM/écho à quelques mois selon cas) |
HBP (embolisation de la prostate) | Améliorer symptômes urinaires | Souvent courte | Gêne pelvienne, brûlures urinaires possibles, fatigue | Suivi urologique + scores urinaires (IPSS), parfois imagerie |
Varicocèle | Traiter le reflux veineux testiculaire | Très souvent ambulatoire | Pesanteur/douleur modérée, ecchymoses | Contrôle clinique ± échographie selon symptômes |
Hémorroïdes (embolisation artérielle) | Diminuer le saignement hémorroïdaire | Souvent courte | Inconfort pelvien, fébricule possible, amélioration progressive | Suivi proctologique, réévaluation si récidive |
Angiomyolipome rénal | Réduire risque de saignement / contrôler hémorragie | Variable (selon urgence et terrain) | Douleur, syndrome post-embolisation possible | Imagerie de suivi (risque de repousse selon séries) |
Reprise du travail, du sport, de la conduite : une règle simple
Conduite : si sédation/antalgiques forts, évitez de conduire le jour même (et suivez l’avis médical).
Sport : évitez les efforts intenses et le port de charges pendant quelques jours (souvent 1 semaine), puis reprise progressive selon la douleur.
Travail : dépend du métier et de l’indication ; un travail physique demandera souvent plus de repos qu’un travail sédentaire.
Signes d’alerte : quand recontacter rapidement
Contactez sans attendre votre équipe médicale (ou les urgences selon la gravité) en cas de :
douleur brutale ou qui s’aggrave malgré le traitement,
saignement important au point de ponction, hématome qui grossit, jambe froide/douloureuse,
fièvre élevée, frissons, malaise,
symptômes neurologiques (très rare) : trouble de la parole, faiblesse d’un membre, vision perturbée.
Risques et complications : ce qu’il faut savoir (sans dramatiser)
Comme tout geste endovasculaire, l’embolisation comporte des risques, généralement rares mais à connaître :
Hématome au point de ponction, faux anévrisme (rare),
Réaction au produit de contraste iodé (allergie),
Infection (selon indication, prévention/antibioprophylaxie discutée),
Embolisation non ciblée (migration de particules vers une branche non souhaitée) : risque rare mais pris très au sérieux, d’où l’importance des contrôles angiographiques et du geste super-sélectif,
Réintervention possible si symptômes récidivent (ex. données de réintervention rapportées dans certaines séries de PAE à long terme ; et dans les registres sur fibromes).
Exemple chiffré : la recommandation NICE (2010) sur l’embolisation des fibromes rapporte notamment des infections utérines autour de 2% dans un registre de 1 387 patientes, avec des événements graves décrits comme rares dans la littérature analysée.
Embolisation dans les Yvelines : quel parcours au CSRI 78 (Parly 2) ?
Dans les Yvelines, la prise en charge en radiologie interventionnelle s’organise autour d’un parcours structuré : consultation, analyse du dossier et des images, coordination avec le spécialiste adressant, puis suivi après le geste.
Pour découvrir le centre et l’accès : Centre de Radiologie Interventionnelle 78 (Yvelines) – site officiel.
Si une embolisation est indiquée et que votre dossier est prêt, vous pouvez aussi consulter les modalités pratiques : prendre rendez-vous en ligne au Centre Parly 2.
FAQ – Questions fréquentes sur l’embolisation dans les Yvelines
Combien de temps dure une embolisation dans les Yvelines (78) ?
La durée dépend surtout de l’anatomie vasculaire et de l’indication. Pour une embolisation programmée, le geste peut durer environ 1 à 2 heures, parfois plus si la vascularisation est complexe. Il faut ajouter le temps de préparation, la surveillance post-procédure et l’organisation du retour à domicile. Les fiches patients CIRSE sur l’embolisation des fibromes, par exemple, évoquent un temps de procédure souvent autour d’une à deux heures, avec présence au service plus longue (installation, surveillance).
Quelles douleurs après une embolisation utérine (fibromes) et combien de temps ?
Après une embolisation utérine, des crampes pelviennes peuvent survenir, surtout durant les premiers jours. Certaines patientes décrivent une fatigue, des nausées, ou une fébricule : c’est le “syndrome post-embolisation”, généralement transitoire. Les ressources SIR et CIRSE mentionnent que ces symptômes s’améliorent le plus souvent en quelques jours et que beaucoup de patientes reprennent une activité légère rapidement, avec un retour aux activités habituelles en 1 à 2 semaines selon les cas. La prise d’antalgiques/anti-inflammatoires est fréquente au début, selon prescription.
Embolisation de la prostate : est-ce définitif ou faut-il parfois recommencer ?
Chez certains patients, l’embolisation de la prostate procure une amélioration durable des symptômes urinaires, mais ce n’est pas “définitif” au sens où une réintervention peut devenir nécessaire avec le temps. Une grande série publiée en 2022 (suivi jusqu’à 10 ans) rapporte des taux de réintervention augmentant progressivement (par exemple ~21% à 5 ans et ~58% à 10 ans). Cela ne signifie pas que la majorité des patients vont mal, mais plutôt qu’il faut anticiper un suivi et discuter l’embolisation comme une option parmi d’autres, selon l’âge, la taille de la prostate et les objectifs.
Peut-on faire une embolisation de varicocèle et reprendre vite une activité normale ?
La varicocèle se traite souvent par une approche mini-invasive, et la récupération est généralement rapide, surtout pour les activités légères. Une gêne locale ou une pesanteur peut persister quelques jours. Une étude publiée en 2025 rapporte des taux de succès technique et clinique élevés, avec un faible taux de complications dans la série, ce qui est cohérent avec l’idée d’un geste souvent bien toléré. La reprise du sport et du port de charges doit néanmoins être progressive, et adaptée à la douleur et aux consignes données après l’intervention.
Et maintenant ?
Si vous êtes concerné(e) par une indication d’embolisation dans les Yvelines, le bon point de départ est de comprendre la technique et de vérifier l’adéquation à votre situation. Vous pouvez consulter les pages dédiées (par exemple embolisation de la prostate, embolisation utérine, varicocèle, embolisation hémorroïdaire) et organiser un rendez-vous via le module de rendez-vous en ligne du centre.


