Embolisation de l’adénomyose : alternatives à l’hystérectomie
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Préserver l’utérus n’est pas toujours incompatible avec la disparition des symptômes.
Quand l’adénomyose provoque des règles très abondantes, des douleurs (dysménorrhées), une fatigue liée à l’anémie ou une altération importante de la qualité de vie, l’hystérectomie (ablation de l’utérus) est souvent présentée comme la solution « définitive ». Pourtant, des options moins invasives existent, dont l’embolisation utérine (UAE/embolisation des artères utérines) réalisée en radiologie interventionnelle.
Dans cet article, vous trouverez une synthèse claire des alternatives à l’hystérectomie, avec un focus sur l’embolisation de l’adénomyose, telle qu’elle est décrite et discutée dans la littérature médicale et les recommandations (NICE, sociétés savantes, revues scientifiques), ainsi que des repères pratiques pour comprendre le parcours.
Adénomyose : comprendre la maladie (et pourquoi les symptômes peuvent être intenses)
Qu’est-ce que l’adénomyose ?
L’adénomyose correspond à la présence de tissu « de type endométrial » (habituellement à l’intérieur de la cavité utérine) au sein du muscle de l’utérus (myomètre). Cette infiltration peut entraîner une inflammation locale, un utérus augmenté de volume, et des symptômes parfois très invalidants.
Symptômes fréquents
Règles abondantes (ménorragies) pouvant conduire à une carence en fer ou une anémie.
Douleurs menstruelles (dysménorrhées), parfois progressives sur plusieurs années.
Douleurs pelviennes en dehors des règles, dyspareunie (douleur pendant les rapports) selon les cas.
Sensation de pesanteur ou de « volume » pelvien, surtout si l’utérus est augmenté de taille.
Adénomyose et fibromes : association possible
L’adénomyose peut coexister avec des fibromes (léiomyomes). Une revue de mise à jour publiée dans le British Journal of Radiology indique qu’une coexistence est rapportée dans 15 à 57% des cas selon les séries, avec une probabilité plus élevée de douleur lorsque les deux pathologies sont présentes. Source : update on uterine artery embolization for leiomyomata and adenomyosis (BJR, 2023).
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic s’appuie sur l’examen clinique et l’imagerie. L’échographie pelvienne est souvent l’examen de première intention, mais l’IRM pelvienne est particulièrement utile pour préciser l’extension, le type d’adénomyose (focale/diffuse) et la présence d’éléments associés.
Dans un manuel de pratique clinique, la CIRSE (Cardiovascular and Interventional Radiological Society of Europe) rappelle que l’imagerie est déterminante pour la sélection des patientes candidates à une embolisation, l’IRM offrant une cartographie plus fine que l’échographie dans de nombreuses situations (manuel clinique, PDF).
Pourquoi chercher une alternative à l’hystérectomie ?
L’hystérectomie peut être très efficace sur les symptômes liés à l’utérus, mais elle est irréversible et implique une chirurgie avec anesthésie, une convalescence et des risques propres (saignement, infection, complications thromboemboliques, etc.). Elle n’est pas souhaitée par toutes les patientes, notamment pour des raisons personnelles, corporelles, psychologiques, ou de projet de maternité.
Les alternatives ont donc un objectif commun : réduire les symptômes (douleur/saignements) tout en préservant l’utérus lorsque c’est possible et pertinent.
Embolisation de l’adénomyose : le principe en radiologie interventionnelle
Sur le plan pratique, l’embolisation utilisée dans l’adénomyose s’inscrit dans la famille de l’embolisation utérine. Pour une présentation orientée patient, vous pouvez consulter la page dédiée : Embolisation utérine — traitement des fibromes et adénomyose.
Objectif : diminuer l’activité de la maladie en réduisant sa vascularisation
L’embolisation consiste à accéder aux artères utérines via un petit cathéter, puis à injecter des particules (matériaux emboligènes) afin de réduire l’apport sanguin aux zones responsables des symptômes. L’objectif recherché est une amélioration clinique (saignements, douleur, qualité de vie).
Pour qui l’embolisation peut être discutée ?
Patientes symptomatiques (saignements et/ou douleur) avec retentissement sur la vie quotidienne.
Échec, intolérance ou refus de certaines options médicales, ou volonté d’éviter une chirurgie majeure.
Adénomyose isolée ou associée à des fibromes, selon les situations cliniques et l’imagerie.
Il existe aussi des situations où l’embolisation n’est généralement pas proposée ou doit être discutée avec une prudence particulière (infection pelvienne, suspicion de cancer, grossesse en cours, certaines situations de désir de grossesse, etc.). La décision est individualisée.
Déroulement : à quoi s’attendre (avant, pendant, après)
Consultation et bilan : analyse des symptômes, des traitements déjà testés, et de l’imagerie (souvent IRM) pour confirmer le diagnostic et caractériser la maladie.
Le geste d’embolisation : procédure mini-invasive, sous guidage radiologique, visant les artères utérines via un cathéter. L’objectif est un traitement ciblé, sans incision chirurgicale abdominale.
Suite immédiate : douleurs type crampes et fatigue possibles, notamment dans les premières 24–72 heures (profil proche de celui connu après embolisation pour fibromes, selon les séries).
Suivi : réévaluation clinique, et parfois imagerie de contrôle. La CIRSE mentionne qu’une IRM de suivi peut être discutée dans certains protocoles à distance de l’embolisation (selon les pratiques). Référence : CIRSE Clinical Practice Manual (PDF).
Pour comprendre la logique globale de ces traitements mini-invasifs, une lecture utile est : La radiologie interventionnelle : qu’est-ce que c’est ?.
Résultats : ce que dit la littérature (avec chiffres et limites)
Amélioration des symptômes : tendances globales
Les études disponibles sont hétérogènes (protocoles, type d’adénomyose, association ou non à des fibromes, critères de succès). Malgré cela, des synthèses montrent une amélioration clinique chez une proportion importante de patientes.
Une revue systématique et méta-analyse (de Bruijn et al., 2017) rapporte, à partir de cohortes publiées, une amélioration globale :
En suivi long terme > 12 mois, amélioration rapportée à 74,0% (318/430) pour l’adénomyose « pure » et 85,4% (146/171) pour l’adénomyose associée à des fibromes (selon les groupes analysés dans l’article).
Dans ces groupes long terme, des hystérectomies secondaires sont aussi rapportées : 7,2% (31/430) en adénomyose « pure » et 7,0% (12/171) en adénomyose associée à des fibromes.
Éléments issus d’une recommandation institutionnelle : NICE (Royaume-Uni)
« Current evidence (…) shows that the procedure is efficacious for symptom relief in the short and medium term (…) There are no major safety concerns. » (NICE, 2013)
détaille, à partir des séries disponibles, des résultats variables selon les critères (douleur, saignements, symptômes de volume) et les délais de suivi, et souligne l’importance des dispositifs habituels de consentement, gouvernance et audit. NICE HTG324 – Efficacy
et NICE HTG324 – Safety
Exemple concret : adénomyose après échec d’ablation de l’endomètre
Pour illustrer un scénario fréquent (symptômes persistants après traitement intra-utérin), une étude ouverte (CVIR Endovascular, 2024) portant sur des patientes avec échec d’ablation endométriale rapporte, parmi 17 patientes suivies (moyenne 1,6 an), une amélioration significative des scores de douleur et de qualité de vie ; 1 patiente (5,9%) a finalement eu une hystérectomie dans cette cohorte, et 15/17 (88,2%) se déclaraient « satisfaites » ou « très satisfaites ». Source : Liang et al., CVIR Endovascular, 2024 (PDF).
Quelles alternatives à l’hystérectomie (au-delà de l’embolisation) ?
1) Traitements médicaux
Les options médicamenteuses visent surtout à contrôler la douleur et/ou réduire les saignements. Elles peuvent être proposées en première intention, en complément, ou quand un geste n’est pas souhaité :
Antalgiques/anti-inflammatoires (AINS) : plutôt pour la douleur.
Traitements hormonaux (selon profil) : progestatifs, dispositifs intra-utérins hormonaux, analogues de la GnRH, etc.
Traitement du saignement : selon les cas, certaines stratégies ciblent surtout l’hyper-ménorragie.
Limites fréquentes : efficacité incomplète, effets indésirables, reprise des symptômes à l’arrêt, ou inadéquation avec les objectifs personnels.
2) Chirurgie conservatrice (selon localisation/forme)
Dans certains cas (adénomyose focale/« adénomyome »), une chirurgie conservatrice peut être discutée. Elle dépend fortement de l’extension, de l’expertise disponible et des objectifs (notamment fertilité). L’évaluation se fait au cas par cas avec le(la) gynécologue.
3) Techniques thermiques guidées par l’imagerie (HIFU, etc.)
Des techniques comme les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) sont décrites comme alternatives mini-invasives dans certaines indications et configurations anatomiques. La revue du British Journal of Radiology (2023) rapporte, pour des études portant sur l’adénomyose, des taux d’amélioration de la dysménorrhée rapportés autour de 84% et des diminutions de volume utérin (par exemple 33,6%) dans certains suivis, tout en rappelant des limites importantes (disponibilité, coût, contraintes anatomiques, fertilité). Source : BJR, 2023.
Risques, effets secondaires et récupération : ce qu’il faut savoir
Comme toute procédure, l’embolisation comporte des effets attendus et des complications possibles. Le profil exact dépend du contexte, du terrain et de la technique. Le NICE (2013) cite notamment :
Douleurs crampiformes pouvant être marquées à court terme dans certains cas (exemple rapporté à J4 dans une série).
Aménorrhée rapportée dans une série (4% immédiatement après la procédure chez des patientes de 41 et 44 ans), sans détailler l’évolution.
Pertes/vaginal discharge transitoires dans certaines séries.
Syndrome post-embolisation et embolisation non ciblée, considérés comme des événements connus de l’embolisation utérine.
et NICE HTG324 – Efficacy
Pour une approche pratique orientée patient (symptômes, récupération, quand recontacter l’équipe médicale), vous pouvez lire : Embolisation : quels risques et complications possibles ? ainsi que Syndrome post-embolisation : fièvre, douleurs, solutions à domicile.
Choisir la “bonne” option : ce qui pèse dans la décision
Tableau comparatif (repères pratiques)
Option | Objectif principal | Préservation de l’utérus | Points forts | Limites / points de vigilance |
|---|---|---|---|---|
Embolisation utérine (UAE) | Réduire douleur/saignements en diminuant la vascularisation | Oui | Mini-invasive, alternative à la chirurgie majeure, amélioration symptomatique rapportée dans de nombreuses séries | Résultats variables, risque de re-traitement/hystérectomie secondaire, question de la fertilité à discuter au cas par cas |
Traitements médicaux | Contrôle des symptômes | Oui | Souvent 1re étape, non invasif, ajustable | Efficacité parfois incomplète, effets indésirables, récidive possible à l’arrêt |
Chirurgie conservatrice | Retirer une lésion focale / réduire la maladie | Oui | Utile dans des cas sélectionnés (forme focale) | Pas toujours faisable, dépend de l’extension, risques chirurgicaux, récidive possible |
HIFU / ablations thermiques guidées | Détruire une partie de la zone malade sans chirurgie “ouverte” | Oui | Option mini-invasive dans certains profils | Contraintes anatomiques, disponibilité, coût, données de fertilité souvent limitées selon les techniques |
Hystérectomie | Traitement définitif des symptômes d’origine utérine | Non | Solution radicale, efficace sur la récidive locale | Chirurgie irréversible, convalescence, risques opératoires, impact personnel à anticiper |
Parcours en pratique : où s’inscrit RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 ?
La prise en charge de l’adénomyose par embolisation nécessite une évaluation rigoureuse (symptômes, imagerie, attentes, alternatives). Pour comprendre l’orientation « parcours patient » et indications, vous pouvez consulter :
FAQ (questions fréquentes en radiologie interventionnelle)
En radiologie interventionnelle, qu’est-ce qu’une embolisation et dans quels cas est-elle indiquée ?
L’embolisation est une technique mini-invasive qui consiste à introduire un cathéter dans une artère, puis à injecter un agent emboligène pour diminuer l’irrigation d’une zone cible. En gynécologie, elle est surtout connue pour l’embolisation utérine (fibromes, et dans certains cas adénomyose) afin de réduire des saignements abondants et/ou des douleurs. Les indications se discutent selon les symptômes, l’imagerie (échographie/IRM), les traitements déjà essayés et les objectifs (préserver l’utérus, éviter une chirurgie). La décision est toujours individualisée.
Et maintenant ?
Si vous cherchez une option concrète pour éviter l’hystérectomie tout en traitant une adénomyose symptomatique, l’embolisation peut faire partie des solutions discutées selon votre situation. Pour approfondir, consultez les pages d’information et le parcours proposé par RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 ; vous pourrez ensuite vous orienter vers le bon interlocuteur via le formulaire de contact du site, avec vos comptes-rendus d’imagerie et votre historique de traitements.


