Varices pelviennes : quels examens avant embolisation ?
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Tout se joue dans le bilan.
Avant une embolisation des varices pelviennes, l’objectif est double : confirmer que les veines sont bien la cause des symptômes et cartographier précisément les axes veineux à traiter, tout en sécurisant l’acte (allergies, reins, coagulation, grossesse, traitements en cours). Cette page vous détaille, de façon claire, les examens le plus souvent demandés et pourquoi ils sont utiles dans un parcours de radiologie interventionnelle.
Pour en savoir plus sur la prise en charge, vous pouvez aussi consulter au centre RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 et la page dédiée à l’embolisation des varices pelviennes.
Pourquoi des examens sont indispensables avant une embolisation ?
Les varices pelviennes (souvent regroupées sous le terme syndrome de congestion pelvienne) peuvent être impliquées dans des douleurs pelviennes chroniques : certaines synthèses estiment que cela peut concerner jusqu’à 30% des femmes consultant pour douleur pelvienne chronique. (ncbi.nlm.nih.gov)
Mais il existe un point clé : des veines pelviennes dilatées peuvent aussi être observées chez des personnes sans symptômes. C’est pourquoi l’imagerie seule ne suffit pas toujours ; le bilan doit relier symptômes, examen clinique et signes de reflux/insuffisance veineuse. (ncbi.nlm.nih.gov)
Ce que le bilan pré-embolisation doit permettre de répondre
Les symptômes sont-ils compatibles avec une origine veineuse (douleurs majorées en station debout, en fin de journée, dyspareunie, etc.) et depuis combien de temps ?
Y a-t-il un reflux veineux pelvien (ovariens, iliaques internes, plexus pelviens) objectivable, notamment avec manœuvres dynamiques ?
Quelles veines sont impliquées (ovaires, iliaques internes, collatérales), et faut-il rechercher une cause associée (compression veineuse, variantes anatomiques) ?
Peut-on réaliser l’examen et le geste en sécurité (fonction rénale, risque allergique au produit de contraste, anticoagulants/antiagrégants, grossesse) ?
Étape 1 : consultation et bilan clinique (souvent sous-estimés)
Avant de programmer une embolisation, la consultation sert à reprendre l’histoire des symptômes, les facteurs aggravants, les antécédents (grossesses, chirurgie pelvienne, phlébite/embolie, endométriose suspectée, etc.) et les traitements en cours.
Exemple concret : pourquoi “douleur + varices” ne suffit pas
Une personne peut avoir une échographie qui décrit des veines dilatées autour de l’utérus, mais une douleur surtout cyclique, avec d’autres signes orientant vers une endométriose ou une pathologie digestive. Dans ce cas, l’imagerie veineuse peut être un indice, mais l’embolisation n’est envisagée que si le faisceau d’arguments est cohérent et si d’autres causes ont été discutées et/ou explorées.
Si vous souhaitez revoir les signes évocateurs, vous pouvez lire : varices pelviennes : symptômes et quand envisager une embolisation.
Étape 2 : l’imagerie pour confirmer et cartographier les varices pelviennes
Plusieurs examens peuvent être utiles. Dans la pratique, on commence souvent par une imagerie non invasive (échographie Doppler), puis on complète selon le contexte par une phlébo-IRM/IRM, un angio-scanner (CT) ou, si nécessaire, une phlébographie (venographie) diagnostique qui peut être réalisée juste avant l’embolisation.
Échographie pelvienne avec Doppler (souvent en première intention)
L’échographie pelvienne avec Doppler (transabdominale et/ou endovaginale) recherche :
Des veines pelviennes tortueuses et dilatées et des plexus veineux congestifs.
Des signes de reflux (notamment avec manœuvre de Valsalva) et des vitesses anormalement basses.
Des diamètres évocateurs : certaines références utilisent, par exemple, un diamètre de veine ovarienne ≥ 6 mm, associé à un flux lent (< 3 cm/s) et un reflux, comme critères soutenant le diagnostic. (ncbi.nlm.nih.gov)
Le Doppler est aussi utile pour exclure d’autres causes (kystes, masse pelvienne) et pour orienter vers une exploration complémentaire lorsque les signes sont incomplets ou discordants. (ncbi.nlm.nih.gov). L'échographie doppler comporte aussi une analyse des veines des membres inférieurs.
IRM / phlébo-IRM (MRV) : excellente pour la “vue d’ensemble” sans irradiation
L’IRM (souvent avec séquences orientées veines, parfois appelée phlébo-IRM/MRV) permet :
De visualiser les plexus variqueux, les trajets veineux et certaines variantes anatomiques.
D’exclure d’autres causes de douleurs pelviennes chroniques.
D’aider à classer l’atteinte (ovariens, iliaques internes, plexus).
Une revue (CVIR Endovascular, 2023) rapporte des performances variables selon les territoires explorés et les protocoles, et souligne que l’imagerie en décubitus (couché) peut parfois sous-estimer la dilatation veineuse par rapport à l’échographie dynamique ou à la venographie avec provocation. (cvirendovasc.springeropen.com)
Scanner / angio-TDM (CT) : utile dans certains cas, mais irradiation
Le scanner injecté peut être demandé pour :
Rechercher une cause associée (par exemple une compression veineuse de type Nutcracker ou May-Thurner selon les situations).
Apporter une cartographie complémentaire lorsque l’IRM n’est pas possible ou non concluante.
Plusieurs synthèses rappellent toutefois que le CT utilise des rayons X et qu’il n’est pas privilégié quand une alternative non irradiante est disponible, en particulier chez les personnes jeunes. (ncbi.nlm.nih.gov)
Phlébographie (venographie) : l’examen “référence”, souvent au plus près du geste
La phlébographie par cathéter (opacification des veines avec produit de contraste) est fréquemment présentée comme l’examen de référence pour caractériser le reflux et la congestion veineuse pelvienne, notamment lorsque les examens non invasifs ne suffisent pas alors que la suspicion clinique reste forte. (ncbi.nlm.nih.gov)
Dans une logique de radiologie interventionnelle, la venographie peut aussi servir de cartographie juste avant traitement : si les images confirment le diagnostic, l’embolisation peut être réalisée dans le même temps, selon l’organisation retenue. (cirse.org)
“Procédure entre 60 et 90 minutes.” (cirse.org)
Cette information de la CIRSE (2025) donne un ordre d’idée de la durée habituelle d’une embolisation veineuse pour congestion pelvienne, qui s’inscrit généralement dans un parcours ambulatoire selon les cas. (cirse.org).
Tableau comparatif : quel examen pour quelle question ?
Examen | Ce qu’il apporte avant embolisation | Points forts | Limites fréquentes |
|---|---|---|---|
Échographie Doppler pelvienne (TA/TV) + membres inférieurs | Recherche de veines dilatées, reflux dynamique (Valsalva), premières mesures (diamètres, flux). | Non invasif, sans irradiation, dynamique, accessible. | Dépend de l’opérateur, parfois limité par la douleur, le morphotype ou les gaz intestinaux. |
IRM / phlébo-IRM (MRV) | Cartographie globale, recherche de diagnostics différentiels, analyse multi-territoires. | Sans irradiation, très utile pour “voir large”. | Peut sous-estimer la dilatation en position couchée ; contraintes si claustrophobie ou contre-indication IRM. |
Angio-TDM (CT) injecté | Cartographie anatomique ; utile si suspicion de compression (Nutcracker, May-Thurner) selon contexte. | Rapide, très détaillé, largement disponible. | Irradiation ; nécessite iodé ; moins “dynamique” qu’un Doppler/une venographie provoquée. |
Phlébographie (venographie) par cathéter | Confirmation fine du reflux/territoires ; cartographie immédiate avant embolisation. | Référence diagnostique ; permet d’enchaîner sur le traitement si indiqué. | Invasif ; nécessite produit de contraste ; expose à des risques liés au cathétérisme. |
Étape 3 : examens “sécurité” avant embolisation (biologie, rein, allergies, traitements)
L’embolisation se réalise sous guidage radiologique, avec injection de produit de contraste pour visualiser les veines. (cirse.org)
Bilan sanguin : ce qui est le plus souvent vérifié
Les prescriptions varient selon votre situation, mais on retrouve fréquemment :
Une fonction rénale (créatinine, estimation du DFG/eGFR), car le contraste iodé impose des précautions en cas d’insuffisance rénale.
Une NFS (hémoglobine, plaquettes), utile pour apprécier une anémie ou un risque hémorragique.
Un bilan d’hémostase (selon contexte) et surtout une évaluation structurée du risque de saignement.
À noter : des recommandations de pratique en radiologie interventionnelle insistent sur le fait que l’évaluation du risque hémorragique commence par une histoire de saignement structurée, et que des tests de coagulation “systématiques” ont un rendement limité chez les personnes sans facteur de risque identifié. (guidedinterventions.com)
Produits de contraste et rein : ce qu’il faut retenir (sans paniquer)
Les référentiels récents ont nuancé le risque de lésion rénale après contraste iodé IV : le risque est surtout discuté dans des situations de DFG très abaissé ou d’insuffisance rénale aiguë. Par exemple, les consensus ACR–NKF indiquent que des mesures de prévention (comme l’hydratation IV) sont indiquées en cas d’AKI ou d’eGFR < 30 mL/min/1,73 m² (hors dialyse chronique), et peuvent être discutées au cas par cas pour certains profils à eGFR 30–44. (acr.org)
En pratique, cela signifie : ne cachez pas une maladie rénale, apportez vos dernières analyses, et signalez les épisodes récents de déshydratation, infection sévère, ou baisse brutale de la fonction rénale.
Si vous êtes concerné(e), vous pouvez lire : insuffisance rénale et embolisation : précautions avec le contraste.
Allergies : iodé, “iode”, fruits de mer… on clarifie
Avant une embolisation, il faut distinguer :
Une réaction antérieure à un produit de contraste iodé (information majeure à signaler).
Une allergie à d’autres produits contenant de l’iode (povidone iodée, fruits de mer) : cela ne correspond pas automatiquement à une allergie au contraste iodé, et il n’existe pas de “cross-réactivité” simple entre ces situations.
Cette clarification est rappelée dans des synthèses récentes s’appuyant sur les recommandations ACR. (acc.org)
Pour un point pratique : allergie à l’iode : embolisation possible, quand ?.
Anticoagulants et antiagrégants : un point critique du bilan
Les traitements qui fluidifient le sang (anticoagulants oraux, héparines, certains antiagrégants) doivent être déclarés, car ils peuvent nécessiter une adaptation avant un geste endovasculaire. Les recommandations de bonne pratique en radiologie interventionnelle soulignent que l’arbitrage repose sur un équilibre risque de saignement vs risque thrombo-embolique, et qu’il n’y a pas une règle unique applicable à tous. (guidedinterventions.com)
Grossesse : test et précautions
Chez les personnes en âge de procréer, une grossesse doit être exclue avant un geste sous rayons X et produit de contraste. Une revue (CVIR Endovascular, 2023) cite la grossesse parmi les contre-indications à l’embolisation dans ce contexte, et rappelle l’importance de l’évaluation pré-procédure. (cvirendovasc.springeropen.com)
Étape 4 : check-list de préparation (les détails qui changent tout)
Les consignes varient selon le protocole, mais voici ce qui revient souvent dans un parcours d’embolisation veineuse pelvienne :
Apporter la liste complète des médicaments et compléments (y compris automédication).
Fournir les comptes-rendus et images déjà réalisés (échographie, IRM, scanner), idéalement sur support d’imagerie.
Respecter les consignes de jeûne si une sédation est prévue, selon les instructions remises par l’équipe.
Prévoir qu’une personne vous accompagne si une sédation/antalgiques sont administrés, comme décrit dans des parcours de type ambulatoire. (cvirendovasc.springeropen.com)
Pour une préparation pas à pas, voir : préparer une embolisation en radiologie interventionnelle.
Et si les examens montrent autre chose ? (compressions, “points de fuite”, atteintes associées)
Un bilan bien fait ne sert pas uniquement à “voir des varices” : il sert à comprendre le mécanisme. Par exemple :
Une compression veineuse peut contribuer à la congestion (selon les cas, une exploration dédiée peut être discutée). (cvirendovasc.springeropen.com)
Il peut exister un reflux via des territoires différents (ovariens, iliaques internes, plexus), avec des “chemins de fuite” vers des varices vulvaires ou des varices des membres inférieurs.
Des diagnostics différentiels (gynécologiques, urinaires, digestifs, musculosquelettiques) peuvent être plus pertinents que la piste veineuse.
Le résultat pratique : les examens orientent la stratégie, mais ils peuvent aussi conduire à ne pas emboliser si la balance bénéfice/risque paraît défavorable ou si la cause des douleurs est probablement ailleurs.
Quels résultats attendre après embolisation ? (et pourquoi c’est lié au bilan)
Sans détailler ici tout le traitement, retenez que la qualité du bilan influence :
Le choix des axes à traiter (ovariens seuls, iliaques internes, traitement combiné), en fonction de la cartographie.
La capacité à anticiper certains risques (terrain allergique, rein fragile, anticoagulants).
La pertinence de l’indication (cas typiques vs douleurs multifactorielle).
La CIRSE (information patient, 2025) indique par exemple que les complications surviennent chez une minorité de patientes (ordre de grandeur de quelques pourcents, le plus souvent mineures) et que les symptômes peuvent parfois réapparaître, nécessitant une réévaluation. (cirse.org)
Pour une synthèse dédiée : embolisation : quels risques et complications possibles ?
FAQ — Radiologie interventionnelle et embolisation (Yvelines 78)
Qu'est-ce que la radiologie interventionnelle et en quoi diffère-t-elle de la radiologie diagnostique ?
La radiologie diagnostique vise surtout à identifier une maladie (échographie, scanner, IRM) et à produire un compte-rendu. La radiologie interventionnelle, elle, utilise l’imagerie pour guider un geste mini-invasif (par cathéter ou aiguille) afin de traiter ou soulager une pathologie. Dans le cas des varices pelviennes, l’imagerie ne sert pas seulement à “voir” les veines : elle sert à cathétériser la bonne veine, confirmer le reflux, puis emboliser. C’est une approche qui cherche à limiter les incisions et à favoriser une récupération plus rapide, quand l’indication est bien posée.
Quels actes réalise-t-on en radiologie interventionnelle dans les Yvelines (78) ?
La radiologie interventionnelle couvre un large éventail d’actes guidés par l’imagerie (vasculaires et non vasculaires) : embolisations, ponctions/biopsies, drainages, traitements de certaines hémorragies, etc. Dans le cadre de la pathologie veineuse, on peut citer l’embolisation de veines responsables de congestion (comme pour les varices pelviennes) lorsque le bilan est compatible. Pour comprendre l’esprit de la démarche et le parcours, vous pouvez consulter les ressources de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 et la page sur l’embolisation des varices pelviennes.
Comment se préparer avant une embolisation ou une ponction en radiologie interventionnelle ?
La préparation dépend du geste, mais repose souvent sur les mêmes bases : transmettre les imageries déjà réalisées, apporter une liste exacte des médicaments, signaler toute allergie (notamment aux produits de contraste) et vérifier la fonction rénale si une injection est prévue. Le jour J, des consignes de jeûne peuvent être demandées si une sédation est envisagée, et une organisation de retour accompagné peut être nécessaire. L’objectif est d’éviter les annulations (bilan incomplet) et de réduire les risques (saignement, réaction au contraste). Un guide pratique est disponible ici : préparer une embolisation.
La radiologie interventionnelle est-elle douloureuse et quels sont les risques associés ?
Les gestes sont conçus pour être mini-invasifs et se font avec anesthésie locale, parfois avec sédation selon les cas. L’inconfort peut venir de la ponction veineuse, de certaines sensations au moment des injections, ou des douleurs inflammatoires transitoires après embolisation. Les risques dépendent du geste : saignement, infection, réaction au contraste, complication vasculaire, ou plus rarement migration de matériel. Des documents d’information patients, comme ceux de la CIRSE, donnent des ordres de grandeur et expliquent le suivi. (cirse.org) Pour aller plus loin : risques et complications possibles.
Quels professionnels pratiquent la radiologie interventionnelle dans les Yvelines et comment trouver un centre près de chez moi ?
La radiologie interventionnelle est réalisée par des radiologues interventionnels (médecins spécialistes formés aux gestes endovasculaires et aux procédures guidées par l’imagerie), en lien avec d’autres spécialités (gynécologie, médecine vasculaire, anesthésie, néphrologie selon les situations). Pour trouver un centre, l’idéal est d’identifier une structure qui explique clairement ses parcours, ses indications, et les examens requis avant un geste. Vous pouvez commencer par consulter les informations disponibles sur RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78, puis utiliser la rubrique contact du site pour demander une orientation adaptée à votre situation (sans figer ici des coordonnées qui peuvent évoluer).
Et maintenant ?
Si vous suspectez des varices pelviennes ou si une imagerie a déjà évoqué une congestion veineuse, l’étape suivante consiste à structurer le bilan (clinique + imagerie + sécurité contraste/coagulation) pour confirmer l’indication avant toute embolisation. Vous pouvez approfondir le sujet avec la page Embolisation des varices pelviennes et les articles associés du site RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78, puis passer par la rubrique contact depuis la page d’accueil pour engager la démarche.
Sources externes (pour aller plus loin)
: Venous embolization for pelvic congestion syndrome NCBI Bookshelf (StatPearls) — Pelvic Congestion Syndrome Kashef et al., CVIR Endovascular
— Pelvic venous congestion syndrome (review) ACR — Manual on Contrast Media (page) ACR–NKF — Consensus (Radiology
: iodinated contrast et maladie rénale ESUR — Guidelines on Contrast Media (effets rénaux)


