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Embolisation et anticoagulants/antiagrégants : quelles précautions avant et après l’intervention ? (RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78)

  • 18 mars
  • 9 min de lecture
Vignette médicale 16:9 photoréaliste en salle d’angiographie : médecin en tenue de bloc manipulant cathéter et matériel d’embolisation, main gantée avec pilulier/comprimés neutres d’anticoagulants, moniteur montrant angiographie sans texte, ambiance avant/après avec lumière froide puis pansement et surveillance — RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78

Prévenir un saignement sans augmenter le risque de caillot : voilà l’enjeu.

Si vous prenez un anticoagulant (AOD/DOAC, AVK, héparine…) ou un antiagrégant plaquettaire (aspirine, clopidogrel…), il est essentiel de le signaler avant une embolisation et de suivre un plan d’arrêt/reprise personnalisé. Dans la majorité des cas, une embolisation peut être réalisée en toute sécurité, à condition d’anticiper et de coordonner les décisions avec l’équipe médicale, comme le fait une structure de radiologie interventionnelle telle que RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78.

Pour comprendre le cadre général de ces procédures mini-invasives, vous pouvez aussi consulter : La radiologie interventionnelle : qu’est-ce que c’est ?

Anticoagulants vs antiagrégants : de quoi parle-t-on exactement ?

Les anticoagulants (“fluidifiants” du sang)

Ils agissent sur la coagulation pour réduire la formation de caillots. On retrouve notamment :

  • AVK : warfarine (Coumadine) avec surveillance de l’INR.

  • AOD/DOAC : apixaban, rivaroxaban, dabigatran, edoxaban… (durées d’action plus courtes, dépendance à la fonction rénale variable).

  • Héparines : héparine non fractionnée (HNF), héparines de bas poids moléculaire (HBPM).

Les antiagrégants plaquettaires

Ils diminuent l’agrégation des plaquettes, utile notamment en prévention d’événements cardiovasculaires :

  • Aspirine (faible dose le plus souvent).

  • Inhibiteurs P2Y12 : clopidogrel, prasugrel, ticagrelor (souvent après stent).

Pourquoi ces traitements sont importants à prendre en compte avant une embolisation ?

Une embolisation consiste à traiter une zone en réduisant/arrêtant un flux sanguin ciblé via un cathéter, généralement après une ponction artérielle (radiale ou fémorale selon les situations). Cela expose à un risque de saignement (au point de ponction, plus rarement interne), qui peut être majoré par les médicaments antithrombotiques.

À l’inverse, interrompre un traitement (même brièvement) peut augmenter un risque thrombotique chez certains patients (fibrillation atriale, valve mécanique, stent récent, thrombose veineuse récente, etc.). Les recommandations en radiologie interventionnelle insistent sur un équilibre “risque hémorragique vs risque de caillot” et une approche souvent multidisciplinaire. (acforum.org)

En pratique, l’anticipation est cruciale : il est estimé qu’environ 10% des patients sous anticoagulation au long cours doivent subir une chirurgie ou un geste invasif au cours d’une année, d’où l’importance de protocoles clairs. (acforum.org)

Le principe de base : ne jamais arrêter (ni reprendre) seul

Ne modifiez jamais votre anticoagulant ou votre antiagrégant sans consigne médicale. L’objectif est de sécuriser l’embolisation et votre pathologie de départ (cœur, veines, antécédent de thrombose…).

Les autorités de santé et l’Assurance Maladie rappellent que l’efficacité et la sécurité des anticoagulants reposent sur une prise régulière et une vigilance vis-à-vis des interactions, et qu’en cas de signe inquiétant un avis urgent est nécessaire. (ameli.fr)

Avant l’intervention : ce que l’équipe vérifie (et ce que vous pouvez préparer)

1) La liste complète de vos traitements

Apportez (ou envoyez selon les modalités du centre) :

  • ordonnances récentes,

  • automédication (AINS/ibuprofène, compléments “naturels” pouvant augmenter le risque hémorragique),

  • traitements récents (antibiotiques, antifongiques, antiépileptiques… pouvant interagir avec certains AOD).

2) La raison du traitement antithrombotique

Le même médicament n’implique pas les mêmes précautions selon l’indication : fibrillation atriale, embolie pulmonaire récente, valve mécanique, stent coronaire, etc. Les recommandations de radiologie interventionnelle insistent sur l’évaluation du risque thrombotique individuel avant de décider d’un arrêt. (acforum.org)

3) Les paramètres biologiques utiles

Selon le type d’embolisation, le terrain et le risque hémorragique, l’équipe peut demander un bilan (par exemple INR sous AVK, numération plaquettaire, hémoglobine, créatinine…). Des recommandations (SIR 2019) suggèrent pour des gestes à risque hémorragique élevé de corriger l’INR vers ≤ 1,5–1,8 et d’envisager une transfusion plaquettaire si < 50 × 109/L. (acforum.org)

Pour certains gestes considérés comme à faible risque mais nécessitant un accès artériel, des seuils d’INR sont aussi proposés (ex. < 1,8 pour une ponction fémorale, < 2,2 pour une ponction radiale). (acforum.org)

4) La fonction rénale et hépatique

Elle influence la durée d’action de plusieurs AOD (notamment dabigatran) et donc les délais d’arrêt. Les recommandations soulignent l’importance d’adapter le schéma à la clairance de la créatinine et au contexte. (acforum.org)

Délais d’arrêt et de reprise : des repères (à individualiser)

Les délais exacts dépendent :

  • du risque hémorragique du geste (ponction, zone traitée, possibilité de compression, etc.),

  • de votre risque thrombotique (et parfois du délai depuis un stent ou une thrombose),

  • du médicament (demi-vie), de la dose, et de votre fonction rénale,

  • de la stratégie retenue (parfois discussion cardiologue/hématologue, et rarement “relais” par héparine dans des situations sélectionnées).

Tableau – Repères de gestion des principaux anticoagulants/antiagrégants (selon recommandations SIR 2019 pour procédures à risque hémorragique élevé)

Traitement

Exemples

Arrêt avant le geste (repères)

Reprise après le geste (repères)

Points de vigilance

AVK

Warfarine

Souvent 5 jours (avec objectif d’INR selon contexte)

Selon situation, reprise possible dès le jour même ou le lendemain

Surveillance INR ; discussion “relais” seulement dans situations à haut risque

AOD (anti-Xa)

Apixaban, rivaroxaban, edoxaban

Souvent arrêt sur 2 à plusieurs doses selon la fonction rénale

Souvent ~24 h après

Prudence si insuffisance rénale ; interactions ; décision individualisée

AOD (anti-IIa)

Dabigatran

Arrêt sur 4 à 8 doses selon la fonction rénale

Souvent ~24 h après (parfois plus si geste traumatique/à risque)

Dépend fortement du rein ; parfois dosage/TT selon le contexte

HBPM

Enoxaparine…

Souvent arrêt 24 h si dose curative (repère)

Souvent ~12 h après

Dépend de l’indication et de la dose (préventive vs curative)

Aspirine

Acide acétylsalicylique

Selon contexte, parfois 3–5 jours

Souvent le lendemain

À discuter impérativement si antécédents cardiaques/stent

P2Y12

Clopidogrel / ticagrelor / prasugrel

Souvent 5 jours (clopidogrel/ticagrelor) ; 7 jours (prasugrel)

Selon molécule : parfois 6 h (dose d’entretien) à 24 h / lendemain

Ne pas interrompre une double anti-agrégation sans avis cardiologique

Ces repères sont issus de recommandations de radiologie interventionnelle (SIR 2019) et doivent être adaptés : certains gestes à faible risque peuvent être réalisés sans arrêt de certains traitements, tandis que d’autres nécessitent un arrêt plus long. (acforum.org)

Situations à haut risque : quand la coordination est indispensable

Double anti-agrégation (DAPT) après stent

Si vous êtes sous aspirine + clopidogrel/prasugrel/ticagrelor, l’arrêt peut exposer à un risque grave (thrombose de stent). Les recommandations européennes insistent sur une évaluation multidisciplinaire et rappellent que, si une chirurgie/ procédure programmée impose l’arrêt d’un inhibiteur P2Y12, il peut être envisagé d’attendre au moins 1 mois après implantation de stent si l’aspirine peut être maintenue (selon le contexte). (escardio.org)

Valve mécanique, thrombose veineuse récente, AVC récent

Dans certains profils à risque thrombotique élevé, la stratégie peut inclure une discussion spécialisée (cardiologie, hématologie). Les recommandations récentes tendent toutefois à limiter le “relais” systématique par héparine.

Exemple de donnée utile : l’essai randomisé BRIDGE (2015) chez des patients avec fibrillation atriale a montré que le “relais” par HBPM augmentait le risque de saignement majeur (3,2% vs 1,3%) sans bénéfice démontré sur certains événements thromboemboliques, ce qui a influencé les pratiques. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Les recommandations CHEST (2022) abordent aussi la gestion périopératoire des antithrombotiques (AVK, AOD, antiagrégants) et évoquent, dans plusieurs situations, des suggestions allant contre un relais héparinique systématique. (chestnet.org)

Le jour de l’embolisation : ce qui sécurise le geste

Le contrôle du risque hémorragique repose sur un ensemble de mesures :

  • vérification des horaires de dernière prise (un “oubli” ou une prise trop rapprochée change la décision),

  • choix du site de ponction et gestion du point de ponction (compression, dispositif de fermeture, surveillance),

  • surveillance clinique post-procédure (douleur, tension, état du point de ponction),

  • consignes de repos/port de charges selon le site de ponction.

Après l’embolisation : reprise des traitements et signes d’alerte

Reprise : suivez la feuille de consignes (et pas une règle “internet”)

Dans beaucoup de situations, une reprise est possible dans les 24 heures (ou le lendemain) lorsque le risque de saignement est contrôlé, mais cela dépend du geste, de l’hémostase, et de votre profil. Les recommandations SIR 2019 donnent des repères de reprise et insistent sur la surveillance rapprochée lors de la reprise. (acforum.org)

Signes qui doivent faire consulter en urgence

  • saignement qui ne s’arrête pas au point de ponction, pansement qui se gorge,

  • gonflement rapide ou hématome qui augmente nettement, douleur intense au point de ponction,

  • malaise, essoufflement, pâleur inhabituelle,

  • sang dans les urines, selles noires, vomissements sanglants,

  • déficit neurologique (faiblesse d’un membre, trouble de la parole) : urgence absolue.

Médicaments “banals” qui peuvent compter

Des médicaments en apparence anodins peuvent augmenter le risque hémorragique (ex. certains AINS) ou interagir avec les AOD. L’Assurance Maladie rappelle l’importance de demander un avis avant d’ajouter un nouveau médicament. (ameli.fr)

Exemples concrets (illustrations) de décisions autour des antithrombotiques

Exemple 1 : embolisation programmée et AOD (apixaban)

Une patiente sous apixaban pour fibrillation atriale doit bénéficier d’une embolisation programmée (par exemple pour une indication discutée en radiologie interventionnelle). L’équipe évalue la fonction rénale, le risque de saignement du geste, et propose un schéma d’arrêt sur plusieurs prises (en “nombre de doses”) puis une reprise souvent autour de 24 h si l’hémostase est satisfaisante. Ces repères sont décrits dans des recommandations SIR (2019), mais restent à individualiser. (acforum.org)

Exemple 2 : stent coronaire récent et double anti-agrégation

Un patient sous aspirine + clopidogrel après stent a une embolisation non urgente envisagée. Dans ce cas, l’équipe coordonne avec le cardiologue : soit on maintient un traitement indispensable, soit on reporte si possible l’acte, car l’interruption peut être risquée. Les textes européens soulignent l’importance d’une décision pluridisciplinaire et de calendriers minimaux selon la situation. (escardio.org)

Exemple 3 : AVK (warfarine) et discussion sur le “relais”

  1. ont montré un sur-risque de saignement avec le relais dans certaines populations, et des recommandations (CHEST

  2. proposent d’éviter le relais systématique. ( pubmed.ncbi.nlm.nih.gov )

Rappels pratiques utiles à RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78

Pour faciliter la préparation (et éviter un report le jour J), voici une checklist simple :

  1. Liste exacte de tous vos médicaments + doses + horaires.

  2. Carte patient si vous êtes sous anticoagulant (AOD/AVK) : conservez-la sur vous. (ansm.sante.fr)

  3. Vos derniers résultats si vous en avez (INR, créatinine, NFS), sinon l’équipe vous indiquera quoi faire.

  4. Le nom et les coordonnées de votre médecin référent (médecin traitant, cardiologue, hématologue).

Si vous souhaitez lire des exemples d’embolisation (indications et principes) :

Ressources fiables (pour vérifier une information)

FAQ – Anticoagulants/antiagrégants et embolisation (RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78)

Dois-je arrêter Eliquis/Xarelto/Pradaxa avant une embolisation ?

Souvent, un arrêt temporaire est nécessaire pour diminuer le risque de saignement, mais le délai dépend du geste, de votre fonction rénale et de votre risque de thrombose. En radiologie interventionnelle, des recommandations (SIR 2019) proposent des repères en “nombre de doses” à sauter et une reprise fréquemment autour de 24 h si l’hémostase est contrôlée. Le point clé : ne décidez jamais seul. À RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78, l’équipe vous donne un plan écrit adapté à votre situation. (acforum.org)

Je prends aspirine + clopidogrel après un stent : est-ce compatible avec une embolisation ?

C’est possible, mais cela impose presque toujours une coordination avec votre cardiologue. Interrompre une double anti-agrégation peut exposer à un risque grave (thrombose de stent). Des recommandations européennes suggèrent une discussion pluridisciplinaire et, lorsque l’arrêt du P2Y12 est nécessaire, des délais minimaux peuvent être envisagés selon le contexte (parfois au moins 1 mois après stent si l’aspirine est maintenue). Ne stoppez aucun comprimé sans consigne médicale ; RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 peut aider à organiser cette coordination. (escardio.org)

Quand pourrai-je reprendre mon anticoagulant après l’embolisation ?

La reprise dépend de la stabilité du point de ponction, du type d’embolisation, et de votre risque thrombotique. Dans de nombreux cas, les repères de recommandations évoquent une reprise le lendemain ou autour de 24 h, mais certaines situations nécessitent d’attendre plus longtemps (geste à très haut risque, saignement, ponction difficile, etc.). Le plus fiable est votre feuille de sortie : elle précise l’heure exacte de reprise et les signes qui doivent faire consulter. (acforum.org)

Faut-il une prise de sang (INR, plaquettes) avant une embolisation ?

Pas systématiquement, mais c’est fréquent selon le niveau de risque et vos traitements. Sous AVK, l’INR est central. Si le geste est jugé à risque hémorragique plus élevé, des recommandations suggèrent par exemple de corriger l’INR vers ≤ 1,5–1,8 et de considérer une transfusion plaquettaire si les plaquettes sont < 50 × 109/L. Dans tous les cas, c’est l’équipe qui vous indique les examens utiles et leur date. (acforum.org)

Que faire si j’ai un gros hématome au point de ponction après l’embolisation ?

Un petit bleu est fréquent, mais un hématome qui grossit rapidement, devient très douloureux, s’accompagne d’un saignement actif ou d’un malaise nécessite un avis urgent. Allongez-vous, appliquez une pression manuelle si un saignement est visible, et contactez immédiatement le service/les urgences selon les consignes remises. Si vous avez repris un anticoagulant ou un antiagrégant, signalez-le : cela aide l’équipe à décider rapidement des examens et du traitement. L’objectif est de réagir tôt, avant que la situation ne s’aggrave.

Et maintenant ?

Si une embolisation est envisagée et que vous prenez un anticoagulant ou un antiagrégant, le meilleur réflexe est d’anticiper : préparez votre liste de traitements et suivez le schéma d’arrêt/reprise remis par l’équipe. Pour découvrir l’approche et les prises en charge proposées, vous pouvez visiter le site de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 et parcourir les pages d’information (embolisation utérine, varices pelviennes, varicocèle, angiomyolipome) afin d’arriver à la consultation avec des questions claires et un dossier complet.

 
 
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