Angioplastie des jambes : reconnaître les symptômes d’artérite (AOMI)
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La douleur dans le mollet à la marche peut être un signal d’alarme.
Quand une artère des jambes se rétrécit à cause de dépôts d’athérome, les muscles reçoivent moins d’oxygène à l’effort : c’est l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), souvent appelée « artérite des jambes ». L’enjeu est double : retrouver une marche confortable et réduire le risque de complications (plaies qui cicatrisent mal, ischémie sévère), tout en prenant en charge le risque cardiovasculaire global. Pour découvrir l’approche proposée par RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78, vous pouvez consulter les contenus du centre et les ressources patients.
Comprendre l’artérite des jambes (AOMI) : ce qui se passe dans l’artère
L’AOMI correspond le plus souvent à une maladie athéroscléreuse : une plaque rétrécit progressivement le diamètre d’une artère (iliaque, fémorale, poplitée, tibiale…), ce qui limite le débit sanguin. Au début, la maladie peut rester silencieuse, puis apparaissent des symptômes typiques à l’effort, et parfois au repos quand l’atteinte devient plus sévère. L’Assurance Maladie décrit bien cette progression (douleur d’effort, puis douleur au repos, puis troubles trophiques). Source ameli.fr.
À l’échelle mondiale, la maladie artérielle périphérique (PAD/AOMI) représente un fardeau important : une analyse basée sur le Global Burden of Disease estime qu’en 2019, environ 113 millions de personnes de 40 ans et plus vivaient avec une PAD. Source (GBD 2019, article en accès libre).
Symptômes d’AOMI : les signes qui doivent faire penser à une artérite
1) La claudication intermittente (le symptôme le plus évocateur)
Le tableau classique est une douleur de type crampe (souvent au mollet) qui survient à la marche, surtout en côte ou dans les escaliers, et oblige à s’arrêter. Elle réapparaît à la reprise de l’effort. L’endroit de la douleur peut orienter vers le niveau de l’artère atteinte (mollet, cuisse, fesse). Source ameli.fr.
« Elle disparaît en moins de 10 minutes au repos. » ameli.fr
2) Les douleurs au repos (souvent nocturnes) : signe d’aggravation
Quand le débit est très limité, une douleur peut apparaître au repos, typiquement la nuit, décrite comme une brûlure au pied. Certaines personnes soulagent en laissant la jambe pendante au bord du lit. C’est un signe qui justifie un avis médical rapide. Source ameli.fr.
3) Les signes cutanés et la cicatrisation difficile
L’AOMI peut se manifester par des signes liés à une mauvaise vascularisation :
Pied plus froid que l’autre, peau plus pâle ou bleutée selon la position, perte de poils, peau sèche.
Ongles cassants et repousse plus lente.
Retard de cicatrisation d’une petite plaie, apparition d’ulcères du pied.
Dans les formes non traitées, risque de gangrène.
Ces manifestations sont décrites dans le dossier d’information de l’Assurance Maladie. Source ameli.fr.
4) Urgence : l’ischémie aiguë de jambe (à ne pas confondre avec l’AOMI chronique)
Une obstruction brutale par thrombose/embolie peut provoquer une ischémie aiguë : c’est une urgence. Les signes d’alerte classiquement enseignés sont les « 6 P » :
Pain : douleur intense.
Pallor : pâleur.
Pulselessness : disparition des pouls.
Paresthesia : fourmillements/engourdissement.
Paralysis : faiblesse, difficulté à bouger.
Poikilothermia : membre froid.
Ces éléments sont repris dans des ressources médicales de synthèse et revues (accès libre). Source (revue, PMC). En cas de suspicion, il faut consulter en urgence.
Tableau : symptômes d’artérite des jambes et niveau d’urgence
Symptôme | Ce que cela peut évoquer | Que faire |
|---|---|---|
Douleur/crampe à la marche, soulagée rapidement au repos | Claudication intermittente (AOMI) | En parler à son médecin pour bilan (IPS, Doppler), sans attendre que la distance diminue |
Douleur au repos (souvent la nuit), besoin de laisser pendre la jambe | Ischémie plus sévère | Avis spécialisé rapide, exploration vasculaire |
Plaie du pied qui ne cicatrise pas, ulcère, peau très fragile | Troubles trophiques liés à la mauvaise perfusion | Consultation rapide pour éviter infection et aggravation |
Début brutal : douleur intense + jambe froide/pâle, engourdissement, faiblesse | Ischémie aiguë (urgence) | Urgences immédiates |
Facteurs de risque : pourquoi certaines personnes sont plus exposées
Les facteurs de risque de l’AOMI sont proches de ceux des autres maladies cardiovasculaires. La prévention repose notamment sur l’activité physique, l’alimentation, et surtout l’arrêt du tabac. Source ameli.fr (prévention, 26 août 2024).
Tabac (facteur majeur).
Diabète (avec parfois peu de symptômes malgré une atteinte réelle, ce qui peut retarder le diagnostic). Source ameli.fr.
Hypertension artérielle.
Cholestérol élevé et plus largement athérosclérose.
Âge et antécédents familiaux cardiovasculaires.
Sédentarité et surpoids (souvent associés à d’autres facteurs).
Donnée utile (2024) : l’Assurance Maladie rappelle que l’arrêt du tabac améliore l’espérance de vie, avec un gain estimé d’environ +7 ans si l’on arrête à 40 ans (ordre de grandeur populationnel). Source ameli.fr. Cela ne prédit pas un résultat individuel, mais aide à mesurer l’impact du sevrage.
Diagnostic : quels examens sont utilisés (et pourquoi)
Le diagnostic s’appuie sur l’interrogatoire, l’examen clinique (pouls, température, inspection cutanée), puis des examens non invasifs et parfois une imagerie plus détaillée.
L’IPS (Index de Pression Systolique) : le test simple de référence
La HAS retient comme critère diagnostique un IPS < 0,90 (rapport de la pression systolique à la cheville sur celle du bras). Source HAS.
L’écho-Doppler artériel
L’écho-Doppler permet de visualiser les flux, de localiser les zones rétrécies/occluses et d’orienter la stratégie (suivi, traitement médical, discussion de revascularisation).
Angio-scanner (CTA), angio-IRM (MRA), artériographie
Selon la situation, on peut avoir recours à une imagerie plus complète pour cartographier les lésions. Les critères d’imagerie et l’objectif de la revascularisation des membres inférieurs sont présentés dans des ressources de radiologie (orientation et pertinence des examens). Source RadiologyInfo (Appropriateness criteria).
Traitements : de la marche à la revascularisation
Mesures de base (souvent indispensables, même si un geste est envisagé)
Arrêt du tabac et accompagnement au sevrage.
Marche régulière (souvent structurée) pour améliorer les capacités fonctionnelles.
Contrôle du diabète, de la tension et du cholestérol selon le suivi médical.
RadiologyInfo rappelle un point clé : l’angioplastie n’inverse pas l’athérosclérose, d’où l’importance des changements de mode de vie et du contrôle des facteurs de risque. Source RadiologyInfo.
Médicaments (principes généraux)
Le traitement médicamenteux (par exemple anti-thrombotique/antiagrégant, statine, etc.) dépend du profil, du stade et des antécédents, et doit être prescrit et adapté par l’équipe médicale. Les recommandations de prise en charge et les indications de revascularisation figurent dans les documents de la HAS. Source HAS.
Quand discuter une revascularisation (angioplastie ou chirurgie) ?
En pratique, une revascularisation peut être discutée lorsque :
la gêne à la marche devient importante malgré une prise en charge bien conduite ;
il existe des douleurs au repos persistantes ;
il y a une plaie qui cicatrise mal ou un risque de perte tissulaire ;
la situation impose un geste pour sauver le membre.
Angioplastie des jambes : principe, déroulement, bénéfices et limites
L’angioplastie des artères des jambes est un traitement endovasculaire (à l’intérieur des vaisseaux), réalisé par un médecin formé à ces techniques mini-invasives, sous guidage d’imagerie. Pour comprendre le champ de la spécialité, vous pouvez lire : la radiologie interventionnelle, qu’est-ce que c’est ?.
Le principe (ballon, et parfois stent)
RadiologyInfo décrit l’angioplastie comme une procédure mini-invasive guidée par fluoroscopie : un cathéter avec ballon est positionné au niveau du rétrécissement, puis le ballon est gonflé pour ouvrir l’artère. Un stent (petit treillis métallique) peut être implanté pour aider à maintenir l’artère ouverte. Source RadiologyInfo.
La Society of Interventional Radiology (SIR) explique aussi que, lorsque les mesures de mode de vie et la prise en charge médicale ne suffisent pas, des traitements mini-invasifs comme l’angioplastie et le stenting peuvent être proposés pour certaines PAD/AOMI. Source SIR (patient information).
Déroulement typique (ce que l’on peut attendre)
Anesthésie locale au point de ponction, souvent avec sédation (selon les cas).
Guidage par imagerie et injection de produit de contraste pour visualiser l’artère (angiographie).
Ouverture de la zone rétrécie avec ballon, puis contrôle de l’amélioration du flux.
Surveillance après le geste, avec consignes de repos et restrictions temporaires selon la voie d’abord.
RadiologyInfo précise aussi qu’un repos est souvent nécessaire après l’intervention, qu’un hématome local est possible, et que des consignes (éviter charges lourdes/efforts intenses au moins 24 h, hydratation si contraste) sont fréquentes. Source RadiologyInfo.
Risques et limites : comprendre sans dramatiser
Comme tout geste endovasculaire, il existe des risques (saignement au point de ponction, lésion de l’artère, caillot, infection, réaction au produit de contraste, etc.). RadiologyInfo rappelle que les complications majeures sont rares, mais possibles, et que les récidives (resténose) peuvent survenir, ce qui impose un suivi. Source RadiologyInfo.
MedlinePlus (référence médicale grand public) présente également l’angioplastie et la pose de stent des artères périphériques (iliaque, fémorale, poplitée, tibiale…), utile pour se repérer dans le vocabulaire. Source MedlinePlus.
Exemples concrets (pour se situer)
Exemple 1 : « Je dois m’arrêter après 200 mètres »
Une personne de 60–70 ans, fumeuse ou ex-fumeuse, décrit une douleur de mollet qui apparaît toujours après une distance similaire, disparaît en 1 à 3 minutes au repos, puis revient à l’effort. C’est typique d’une claudication intermittente et justifie un bilan (IPS, Doppler). L’Assurance Maladie décrit précisément ce mécanisme et l’intérêt de mesurer la gêne et le périmètre de marche. Source ameli.fr.
Exemple 2 : « Une petite plaie au pied ne guérit pas »
Une plaie minime qui traîne, surtout en cas de diabète, doit faire rechercher une insuffisance artérielle (parfois avec peu de douleur). Les troubles trophiques (retard de cicatrisation, ulcère, gangrène) font partie des signes décrits par l’Assurance Maladie dans les stades avancés. Source ameli.fr.
Radiologie interventionnelle : angioplastie vs embolisation (ne pas confondre)
En radiologie interventionnelle, on peut soit rouvrir un vaisseau (angioplastie/stent), soit au contraire occlure un vaisseau quand c’est indiqué (embolisation). Si vous souhaitez comprendre l’embolisation et son parcours de prise en charge, vous pouvez consulter : embolisation : indications et parcours en radiologie interventionnelle. L’objectif n’est pas le même, d’où l’importance d’un diagnostic précis.
FAQ – Angioplastie des jambes et symptômes d’artérite
Quels sont les symptômes typiques de l’artérite des jambes (AOMI) ?
Le symptôme le plus évocateur est la claudication intermittente : une douleur de type crampe (souvent au mollet) qui survient à la marche, oblige à s’arrêter, puis disparaît au repos et revient à l’effort. Quand la maladie progresse, la douleur peut apparaître au repos (souvent la nuit), et des signes cutanés peuvent survenir (pied plus froid, peau sèche, perte de poils, plaies qui cicatrisent mal). Une apparition brutale avec jambe froide/pâle et douleur intense évoque une urgence.
Quelle différence entre artérite (AOMI) et problème veineux (varices, insuffisance veineuse) ?
L’AOMI est un problème d’artères (apport de sang vers le pied), alors que les varices relèvent plutôt d’un problème de veines (retour du sang). L’artérite donne volontiers une douleur à l’effort soulagée par l’arrêt, une sensation de froid, parfois une diminution des pouls et des troubles de cicatrisation. L’insuffisance veineuse donne plus souvent des jambes lourdes, gonflement en fin de journée, symptômes améliorés par la surélévation et la marche. En cas de doute, un bilan clinique et un Doppler aident à trancher.
Comment se déroule une angioplastie des jambes ? Est-ce douloureux ?
Une angioplastie est un geste mini-invasif guidé par imagerie : un cathéter est introduit dans une artère, puis un ballon est gonflé au niveau de la zone rétrécie pour améliorer le passage du sang. Un stent peut être placé pour maintenir l’ouverture. L’acte se fait souvent avec anesthésie locale et parfois sédation ; on peut ressentir une gêne lors du gonflage du ballon. Après le geste, une surveillance est prévue et le point de ponction peut être sensible ou bleuté quelques jours.
Combien de temps faut-il pour récupérer après une angioplastie des jambes ?
La récupération dépend du contexte (geste programmé, urgence, étendue des lésions, comorbidités). Beaucoup de patients reprennent une activité légère rapidement, mais il est fréquent d’avoir des consignes temporaires : éviter les efforts intenses et le port de charges lourdes au moins 24 heures, surveiller le point de ponction, bien s’hydrater si un produit de contraste a été utilisé. Un suivi est important pour évaluer l’amélioration des symptômes et dépister une resténose. Votre équipe médicale précise les délais adaptés à votre situation.
L’angioplastie guérit-elle définitivement l’AOMI ?
Non : l’angioplastie traite une ou plusieurs zones rétrécies, mais ne guérit pas la maladie athéroscléreuse sous-jacente. Une resténose est possible et d’autres segments artériels peuvent évoluer. C’est pourquoi le traitement associe presque toujours la prise en charge des facteurs de risque (tabac, diabète, tension, cholestérol), l’activité physique et le suivi médical. L’objectif est d’améliorer la marche, de favoriser la cicatrisation quand il existe des plaies, et de réduire le risque global d’événements cardiovasculaires.
Et maintenant ?
Si vos symptômes évoquent une artérite (AOMI) ou si vous souhaitez comprendre les options (bilan, suivi, angioplastie), consultez la page dédiée Artériopathie des Membres Inférieurs (AOMI) et angioplastie – CSRI 78. Vous pouvez aussi accéder à d’autres informations patients sur le blog RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 et, si cela est pertinent pour votre parcours, prendre rendez-vous en ligne. Pour toute demande, utilisez la page Contact accessible depuis le site.


