Hémorroïdes chroniques : embolisation, ligature élastique ou chirurgie, comment choisir ?
- il y a 14 heures
- 6 min de lecture
Hémorroïdes chroniques : le bon traitement se choisit au cas par cas. Selon le symptôme dominant, le grade et l’anatomie, la réponse peut aller de la ligature élastique à l’embolisation, jusqu’à la chirurgie. (ascrsu.com)
Chez un patient qui saigne, prolapse ou récidive malgré les mesures de base, la question n’est pas seulement “quel geste est le plus fort ?”, mais “quel geste est le plus adapté à ce profil ?”. Les recommandations récentes convergent sur une logique simple : d’abord corriger la constipation et les efforts de poussée, puis choisir entre traitement de cabinet, embolisation ou chirurgie selon le grade, l’existence d’un composant externe, les traitements déjà essayés et la tolérance attendue au temps de récupération.
Avant de choisir un geste, corriger ce qui entretient la maladie
Le diagnostic est d’abord clinique : l’interrogatoire, l’examen proctologique et parfois l’anoscopie permettent de préciser le siège et l’importance des lésions. Les hémorroïdes internes donnent surtout un saignement indolore, alors que les formes externes peuvent être plus douloureuses. Cette distinction est essentielle, parce qu’elle oriente vers la ligature, l’embolisation ou la chirurgie.
Avant de parler d’intervention, il faut aussi agir sur les facteurs qui entretiennent les symptômes. Les recommandations ASCRS 2024 placent les mesures diététiques et comportementales en première ligne, avec un bénéfice démontré des fibres sur les symptômes persistants et le saignement. Dans la synthèse citée par la guideline, l’ajout de fibres réduit le risque de symptômes persistants de 53 % et le saignement d’environ 50 %.
Augmenter les fibres et l’hydratation, car cela améliore les symptômes de nombreux patients.
Éviter les poussées prolongées et limiter le temps passé aux toilettes.
Traiter la constipation ou les troubles du transit lorsqu’ils sont présents.
Point important : un saignement rectal ne doit pas être attribué d’emblée aux hémorroïdes. L’ASCRS recommande une exploration colique dans certains cas de rectorragie, notamment s’il n’existe pas de source anale évidente, s’il existe des symptômes associés, ou si le saignement persiste après un traitement pourtant efficace sur le plan hémorroïdaire.
Les trois options à comparer
La ligature élastique
Selon la guideline ASCRS 2024 sur les hémorroïdes et la recommandation AGA 2026, la ligature élastique est le traitement de cabinet le plus établi pour la majorité des hémorroïdes internes de grade I-II et pour certains grade III réfractaires. Son objectif est de faire chuter la vascularisation de la colonne hémorroïdaire en plaçant un anneau au-dessus de la ligne pectinée.
Elle est particulièrement pertinente quand le saignement domine ou qu’un prolapsus reste modéré. L’AGA rappelle d’ailleurs qu’elle garde un intérêt à plus long terme pour les hémorroïdes prolabées et les saignements récidivants, même si elle n’est pas l’option la plus adaptée dès qu’il existe une maladie avancée ou un composant externe important. (gastro.org)
L’embolisation des artères hémorroïdaires
L’embolisation des artères hémorroïdaires est une option de radiologie interventionnelle, à rapprocher du fonctionnement général de la radiologie interventionnelle. Le principe et les indications pratiques sont aussi présentés sur la page dédiée à l’embolisation artérielle mini-invasive des hémorroïdes. Dans un registre prospectif espagnol et une revue systématique récente, cette approche apparaît surtout pertinente chez des patients avec saignement prédominant, hémorroïdes internes de grade I à III, après échec des traitements de cabinet ou lorsque l’on veut éviter une chirurgie plus lourde.
Le registre espagnol décrit la procédure comme ambulatoire et sphincter-sparing, mais la littérature reste hétérogène, avec encore peu d’essais comparatifs solides. En pratique, cela en fait une option intéressante à discuter au cas par cas, plutôt qu’un standard pour toutes les hémorroïdes.
L’hémorroïdectomie
La chirurgie d’exérèse reste la référence pour les formes avancées : la guideline ASCRS 2024 la réserve typiquement aux hémorroïdes externes ou aux formes mixtes internes/externes de grade III-IV, ainsi qu’aux patients chez qui les traitements de cabinet ont échoué ou ne sont pas envisageables. C’est aussi l’option la plus invasive, avec plus de douleur postopératoire et une récupération plus lourde que la ligature élastique.
La guidance AGA 2026 rappelle également que les grades 4 relèvent de l’hémorroïdectomie chirurgicale. Cela ne veut pas dire que toute hémorroïde doit être opérée, mais que la chirurgie reprend une place centrale lorsque le prolapsus est important, irréductible ou associé à une composante externe significative. (gastro.org)
Comment choisir en pratique ?
Le bon choix se construit aussi dans la consultation spécialisée, où l’on relit les symptômes, l’anatomie, les examens déjà réalisés et les traitements précédents ; le déroulement de cette étape est détaillé dans ce parcours patient en radiologie interventionnelle.
Comparer les options en un coup d’œil
Option | Quand y penser ? | Atouts | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
Ligature élastique | Hémorroïdes internes de grade I-II, et certains grade III réfractaires. | Acte de cabinet, simple, efficace et moins invasif qu’une chirurgie d’exérèse. | Moins adaptée en cas de composant externe important ou de maladie avancée ; des récidives ou une douleur transitoire restent possibles. |
Embolisation | Saignement prédominant, hémorroïdes internes de grade I à III, surtout après échec des gestes de cabinet ou si l’on veut éviter la chirurgie. | Approche mini-invasive, ambulatoire et sphincter-sparing dans les registres disponibles. | La littérature reste plus hétérogène que pour la ligature élastique ou la chirurgie ; la sélection des patients est donc essentielle. |
Hémorroïdectomie | Formes avancées, externes ou mixtes, grade III-IV, ou échec des autres traitements. | Option la plus pertinente quand le prolapsus est important ou qu’un composant externe doit être traité. | Plus de douleur postopératoire et une récupération plus lourde qu’avec un geste instrumental. |
En synthèse, la ligature élastique reste souvent le premier geste à discuter pour les hémorroïdes internes, l’embolisation se positionne surtout sur les tableaux saignants bien sélectionnés, et la chirurgie garde sa place quand la maladie est avancée ou mixte. Cette hiérarchie est une inférence pratique à partir des recommandations et des premières séries sur l’embolisation.
Si l’on a choisi une embolisation, le parcours d’indications, de déroulement et de suites est résumé dans la page dédiée aux indications, au déroulement et aux suites. C’est utile pour comprendre comment se prépare l’acte et comment se fait le suivi.
Quand réévaluer ou changer d’approche ?
On réévalue si le saignement persiste, si le prolapsus reste gênant, si les symptômes reviennent rapidement ou si le tableau ne ressemble plus à de simples hémorroïdes. L’ASCRS conseille de ne pas attribuer automatiquement une rectorragie aux hémorroïdes et recommande une exploration complémentaire dans certains cas, notamment si aucune source anale nette n’est retrouvée ou si le saignement se poursuit après traitement.
Le saignement persiste alors que le traitement a été techniquement réalisé de façon satisfaisante.
Le prolapsus reste important ou s’associe à un composant externe gênant.
La douleur, la gêne fonctionnelle ou la répétition des séances rendent la stratégie actuelle peu acceptable.
La rectorragie impose de rechercher une autre cause qu’une maladie hémorroïdaire isolée.
FAQ : vos questions les plus fréquentes
Comment choisir entre ligature élastique, embolisation des artères hémorroïdaires et chirurgie pour des hémorroïdes chroniques ?
On raisonne surtout avec trois critères : le type d’hémorroïdes, le symptôme dominant et ce qui a déjà été tenté. La ligature élastique est souvent proposée en premier pour des hémorroïdes internes de grade I-II ou certains III. L’embolisation se discute plutôt pour un saignement prédominant quand on souhaite une approche mini-invasive. La chirurgie devient plus logique en cas de grade III-IV, de composant externe important ou d’échec répété des gestes de cabinet.
Lorsqu’une hémorroïdectomie est nécessaire, quels sont les bénéfices et les risques comparés aux traitements instrumentaux ?
Oui, si l’on parle d’une hémorroïdectomie bien indiquée. Elle traite plus complètement les formes avancées, surtout mixtes ou avec gros prolapsus. En revanche, elle expose davantage à la douleur postopératoire, à une récupération plus longue et à des complications locales que la ligature élastique. C’est donc un bon traitement pour les formes sévères, mais pas le plus léger. La recommandation AGA 2026 rappelle aussi que les grades 4 relèvent de la chirurgie.
Quels symptômes ou signes indiquent un échec du traitement instrumental et nécessitent une chirurgie ou une autre approche ?
On doit reconsidérer la stratégie si le saignement persiste, si le prolapsus reste gênant, si les symptômes reviennent rapidement ou si le tableau ne ressemble plus à de simples hémorroïdes. L’ASCRS conseille de ne pas attribuer automatiquement une rectorragie aux hémorroïdes et recommande une exploration complémentaire dans certains cas, notamment si aucune source anale nette n’est retrouvée ou si le saignement se poursuit après traitement.
L’embolisation des hémorroïdes convient-elle à tous les patients ?
Non. Les données les plus récentes placent surtout l’embolisation chez des patients avec saignement prédominant et hémorroïdes internes de grade I à III, après échec des traitements de cabinet ou quand la chirurgie n’est pas souhaitée. C’est une option prometteuse, décrite comme ambulatoire et sphincter-sparing dans les registres, mais la littérature reste plus hétérogène que pour la ligature élastique ou la chirurgie.
Et maintenant ?
Si votre question reste de savoir quelle option mérite d’être discutée en premier, la bonne prochaine étape est une consultation spécialisée. Vous pouvez commencer par la page d’information sur l’embolisation hémorroïdaire, puis revenir à la page d’accueil de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 pour poursuivre la démarche avec l’équipe. Pour aller plus loin, consultez RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78.


