Hémorroïdes : l’embolisation artérielle, traitement mini-invasif

L’embolisation artérielle peut soulager des hémorroïdes responsables de saignements. Cette approche mini-invasive, aussi appelée emborrhoid, vise surtout les hémorroïdes internes quand les saignements récidivent malgré les traitements médicaux ou lorsqu’on cherche à éviter une chirurgie plus lourde. Les résultats publiés sont encourageants, mais le bon candidat reste celui qu’on a bien évalué. (ameli.fr)
Concrètement, le geste consiste à diminuer l’afflux sanguin vers les branches artérielles qui nourrissent le plexus hémorroïdaire, afin de réduire les rectorragies et l’inconfort. La littérature récente montre une réussite technique élevée et une amélioration clinique chez la majorité des patients, mais la sélection des cas et l’exclusion d’autres causes de saignement restent essentielles.
Quand l’embolisation artérielle mérite-t-elle d’être discutée ?
Les hémorroïdes internes sont situées plus haut dans le canal anal et saignent plus volontiers que les hémorroïdes externes. Avant d’attribuer un saignement aux hémorroïdes, il faut d’abord éliminer une autre cause digestive, notamment par coloscopie lorsque c’est indiqué. Les rectorragies répétées peuvent parfois entraîner une anémie.
Un saignement anal répété, surtout si les mesures de base et les traitements locaux n’ont pas suffi. (ameli.fr)
Une maladie hémorroïdaire interne de grade I à III, avec un symptôme dominant de saignement plutôt que de douleur isolée.
Une situation où la chirurgie est moins souhaitée ou moins adaptée, par exemple chez un patient fragile ou sous anticoagulants.
Une fois écartées les causes non hémorroïdaires de saignement digestif, en particulier un cancer du côlon ou du rectum. (ameli.fr)
Une fiche dédiée à l’embolisation hémorroïdaire peut compléter la lecture si vous cherchez un repère pratique avant la consultation. (frontiersin.org)
Comment fonctionne ce traitement mini-invasif ?
Le principe est simple : on vient occlure, de manière très ciblée, les branches de l’artère rectale supérieure qui alimentent les hémorroïdes. Selon l’anatomie, l’équipe peut utiliser des microcoils, des particules ou des microsphères. L’objectif n’est pas de “retirer” les hémorroïdes, mais de faire baisser l’hyperdébit sanguin responsable des saignements.
Cette logique appartient à la radiologie interventionnelle, c’est-à-dire à la prise en charge de certaines maladies par l’imagerie et les cathéters, sans chirurgie ouverte. Pour mieux situer ce type de geste dans le parcours de soins, la page sur la radiologie interventionnelle en pratique est un bon point de départ.
Pour visualiser le parcours global, la page sur les indications, le déroulement et les suites de l’embolisation dans les Yvelines constitue aussi un repère utile.
Comparatif des principales options de traitement
Le tableau ci-dessous situe l’embolisation dans l’arsenal thérapeutique habituel des hémorroïdes internes, tel qu’il est décrit par l’Assurance Maladie et par les revues récentes sur l’embolisation.
Option | Place habituelle | Atout principal | Limite principale |
|---|---|---|---|
Mesures hygiéno-diététiques | Première étape | Simples, non invasives et faciles à mettre en place | Elles peuvent devenir insuffisantes si les saignements sont fréquents |
Ligature élastique ou sclérothérapie | Traitement instrumental | Très utilisé pour les formes internes | Peut ne pas convenir si les symptômes récidivent ou s’aggravent |
Chirurgie hémorroïdaire | Option plus radicale | Efficace sur des formes sélectionnées | Suites souvent plus douloureuses et plus longues |
Embolisation artérielle | Option mini-invasive intermédiaire | Cible surtout le saignement avec une récupération souvent rapide | Indication plus étroite et recul encore en consolidation |
Sur le plan du parcours médical, le geste est souvent discuté lorsqu’un traitement médical bien conduit n’a pas suffi, ou quand la chirurgie paraît trop lourde pour le patient. C’est aussi dans ce cadre que l’on vérifie l’intérêt d’un geste endovasculaire plutôt qu’une option proctologique classique.
Comment se déroule une séance d’embolisation hémorroïdaire ?
Le dossier est relu avec les symptômes, l’examen clinique et les éventuelles imageries ou endoscopies déjà réalisées, afin de confirmer que le saignement est bien d’origine hémorroïdaire.
L’intervention se fait sous anesthésie locale, avec une ponction artérielle. Les publications récentes décrivent des accès fémoral ou radial selon les équipes et l’anatomie vasculaire.
Le radiologue navigue ensuite sous guidage radiologique jusqu’aux artères rectales, puis embolise les branches ciblées avec des microcoils et, selon les cas, des particules ou des microsphères.
La surveillance après le geste est en général courte, car le traitement est fréquemment réalisé en ambulatoire. L’équipe vérifie surtout l’absence de saignement au point de ponction et l’absence de douleur anormale.
Un suivi clinique est ensuite nécessaire pour mesurer la baisse des rectorragies, vérifier la qualité de vie et décider s’il faut ou non un geste complémentaire.
Si vous prenez un anticoagulant ou un antiagrégant, il faut le signaler très tôt, car l’organisation de l’arrêt ou de la reprise doit être coordonnée avant l’intervention. Les points pratiques sont détaillés dans la fiche sur les précautions avant et après l’intervention.
Une prise en charge en plusieurs temps
La meilleure stratégie n’est pas seulement technique. Elle repose aussi sur la discussion entre radiologue interventionnel, proctologue et patient, afin de vérifier que la dominante est bien hémorragique, que le prolapsus n’est pas au premier plan et que les autres causes de rectorragie ont été éliminées. Cette approche “sur mesure” est l’un des points forts de l’embolisation.
Quels résultats peut-on attendre ?
La revue systématique la plus récente que nous avons retenue a analysé 22 études et 810 procédures. Elle rapporte un succès technique de 93 à 100 %, un succès clinique de 63 à 94 % et des récidives nécessitant parfois une reprise du geste dans 8 à 20 % des cas. Cette synthèse 2025 sur l’embolisation des artères rectales conclut que la technique est prometteuse, mais que les essais comparatifs et le recul à long terme restent insuffisants.
Une étude pilote récente sur l’association microsphères et microcoils a confirmé la faisabilité sur 10 patients, avec une amélioration de 88 % des scores de sévérité et de qualité de vie à 12 mois. Elle a toutefois rapporté une complication grave isolée, ce qui rappelle qu’un geste mini-invasif reste un acte médical sérieux.
Historiquement, la première série clinique de 14 cas avait déjà montré une faisabilité technique de 100 % et un succès clinique initial de 72 % à 1 mois, ce qui a ouvert la voie aux séries plus récentes.
En pratique, le bénéfice attendu est surtout une diminution des saignements, parfois une amélioration du confort quotidien, mais pas nécessairement une correction complète d’un prolapsus important. La sélection du patient compte donc autant que la qualité du geste.
Quels sont les risques et les limites de l’embolisation ?
Les effets indésirables rapportés sont le plus souvent transitoires : gêne pelvienne, nausées ou fébricule. La grande revue de 2025 n’a pas retrouvé d’ischémie, de trouble de la continence ni de mortalité dans les séries incluses, mais le risque zéro n’existe pas.
Une douleur ou une gêne locale passagère peut apparaître après le geste.
Des nausées ou une petite fièvre peuvent survenir à court terme.
Un hématome au point de ponction reste possible, comme pour tout geste artériel.
Une complication ischémique rare peut survenir.
La revue de Frontiers insiste aussi sur la sélection préalable : il faut exclure un cancer anorectal, une insuffisance rénale ou une allergie aux produits iodés, et tenir compte des variantes anatomiques qui peuvent expliquer un échec ou une récidive.
Qui a le plus de chances d’en bénéficier ?
Les meilleurs candidats sont généralement les patients dont le symptôme principal est un saignement récidivant, avec des hémorroïdes internes grade II ou III, et chez qui un traitement instrumental classique n’a pas suffi ou n’est pas souhaité. Les patients sous anticoagulants ou antiagrégants peuvent aussi être concernés si l’indication est bien posée.
FAQ sur l’embolisation des hémorroïdes
Qu’est-ce que l’embolisation des hémorroïdes et comment cela fonctionne-t-il exactement ?
C’est un geste de radiologie interventionnelle qui vise à réduire l’apport sanguin vers les branches artérielles nourrissant les hémorroïdes internes. Le radiologue place un cathéter dans une artère, puis embolise de façon très ciblée les vaisseaux responsables du saignement, le plus souvent avec des microcoils, parfois avec des particules ou des microsphères. Le but n’est pas de “retirer” les hémorroïdes, mais de faire baisser l’hyperdébit artériel qui entretient les rectorragies.
L’embolisation des artères hémorroïdaires est-elle efficace pour réduire les saignements chroniques ?
Oui, les résultats publiés sont globalement favorables, surtout quand le symptôme dominant est le saignement. La revue systématique 2025 retrouve un succès technique de 93 à 100 % et un succès clinique de 63 à 94 %, avec des récidives parfois observées dans 8 à 20 % des cas. Cela signifie que le geste est souvent efficace, mais qu’il peut être nécessaire de reprendre l’embolisation chez certains patients.
Quels sont les risques, les effets secondaires et les complications potentielles ?
Les effets secondaires les plus fréquents sont modérés et passagers : gêne pelvienne, nausées, petite fièvre ou inconfort au point de ponction. Les revues récentes rapportent très peu de complications graves, mais elles ne sont pas impossibles. Une étude pilote récente a même décrit un cas isolé d’ischémie rectale avec perforation. D’où l’importance d’une sélection rigoureuse et d’une technique super-sélective réalisée par une équipe expérimentée.
Qui peut bénéficier de cette approche mini-invasive ?
L’embolisation est surtout discutée chez les patients ayant des hémorroïdes internes grade I à III, avec des saignements récidivants, et lorsque les traitements médicaux ou instrumentaux ont échoué, ou quand la chirurgie est moins souhaitable. Elle peut aussi être utile chez des personnes fragiles ou sous anticoagulants. En revanche, il faut exclure d’autres causes de saignement, comme un cancer anorectal, et tenir compte de certaines contre-indications à l’angiographie.
Et maintenant ?
Si vos rectorragies se répètent, le plus utile est de confirmer leur origine et de discuter la meilleure stratégie avec une équipe spécialisée. Vous pouvez prendre rendez-vous via la prise de rendez-vous en ligne, puis revenir à la page d’accueil du centre spécialisé de radiologie interventionnelle pour retrouver l’ensemble des informations utiles. Pour aller plus loin, consultez RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78.


