Douleurs de genou et arthrose : quand la RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE (78) peut aider grâce à l’embolisation des artères géniculées
- Cedric KTORZA
- il y a 37 minutes
- 8 min de lecture

Un genou douloureux peut gâcher le quotidien. Quand la gonarthrose (arthrose du genou) résiste aux traitements habituels, la radiologie interventionnelle propose, chez certains patients, une approche mini-invasive : l’embolisation des artères géniculées (aussi appelée embolisation articulaire ou Genicular Artery Embolization – GAE).
Dans cet article, l’équipe de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 explique simplement à qui s’adresse cette technique, comment elle se déroule, ce que disent les études récentes (bénéfices, limites), et comment elle s’intègre dans un parcours de soins complet.
Pour comprendre l’approche globale de la spécialité, vous pouvez aussi lire : La radiologie interventionnelle : qu’est-ce que c’est ?.
Arthrose du genou : pourquoi ça fait mal ?
Une maladie fréquente… et pas “juste de l’usure”
L’arthrose est une affection qui touche l’ensemble de l’articulation (cartilage, os sous-chondral, membrane synoviale, ligaments…). À l’échelle mondiale, l’OMS estimait qu’en 2019, 528 millions de personnes vivaient avec une arthrose, et le genou est l’articulation la plus souvent atteinte (environ 365 millions). Source OMS (2023).
En pratique, l’objectif est double : réduire la douleur et améliorer la fonction, car aucun traitement ne “guérit” l’arthrose du genou. C’est aussi le message de l’Assurance Maladie (ameli.fr) : on agit sur les symptômes, l’activité physique adaptée, le poids, la rééducation, les antalgiques/infiltrations, et la chirurgie si besoin. Source ameli.fr (mise à jour 22 janvier 2026).
Inflammation, néo-vaisseaux et douleur : la “cible” de l’embolisation
Chez de nombreux patients douloureux, il existe une part inflammatoire (synovite) avec un phénomène d’angiogenèse : l’articulation développe des néo-vaisseaux anormaux, susceptibles d’entretenir l’inflammation et la douleur. C’est précisément ce que vise l’embolisation des artères géniculées : réduire l’hypervascularisation synoviale en occluant sélectivement les petites branches artérielles impliquées.
Idée clé : l’embolisation géniculée ne “reconstruit” pas le cartilage. Elle vise surtout une diminution de la douleur liée à l’inflammation et à l’hypervascularisation, chez des patients bien sélectionnés.
Qu’est-ce que l’embolisation des artères géniculées (GAE) ?
Le principe
L’embolisation est un geste endovasculaire : on navigue dans les artères avec un microcathéter, sous guidage radiologique, puis on injecte un agent embolisant (micro-particules) pour occlure des branches ciblées. Dans le genou, on parle des artères géniculées (réseau autour du genou).
Au CSRI 78, cette approche s’inscrit dans le champ plus large de l’embolisation articulaire (page d’information patient). Le choix de la technique, du matériel et l’éligibilité se discutent au cas par cas.
En quoi est-ce différent d’une infiltration ?
Infiltration : injection dans l’articulation (corticoïde, acide hyaluronique…), effet souvent temporaire, pas d’action mécanique sur les vaisseaux.
Embolisation : geste dans les artères qui nourrissent la synoviale hypervascularisée, objectif de diminution durable de l’inflammation locale.
Pour qui l’embolisation géniculée peut-elle être pertinente ?
Profils de patients souvent discutés en consultation
Sans remplacer une consultation médicale, voici les situations fréquemment évaluées dans les études et en pratique :
Douleur chronique de genou liée à une arthrose, avec retentissement (marche, escaliers, sommeil, activités).
Échec ou réponse insuffisante aux mesures bien conduites : rééducation, renforcement musculaire, adaptation d’activité, antalgiques/anti-inflammatoires si possibles, et parfois infiltrations.
Patients qui ne souhaitent pas une chirurgie prothétique à ce stade, ou chez qui elle n’est pas indiquée immédiatement.
Arthrose souvent légère à modérée (selon la classification radiologique), même si des séries incluent aussi des stades plus avancés.
Situations où l’embolisation peut être contre-indiquée ou reportée
Les contre-indications exactes dépendent du dossier, mais on évalue classiquement :
Infection, poussée inflammatoire non expliquée, suspicion d’arthrite inflammatoire active.
Allergie aux produits de contraste iodés non contrôlable, insuffisance rénale significative, grossesse (selon contexte).
Troubles de la coagulation non corrigés ou traitement anticoagulant/antiagrégant à adapter (décision médicale).
Problème artériel des membres inférieurs : la faisabilité se discute au cas par cas (vous pouvez consulter la page AOMI et angioplastie pour comprendre les enjeux vasculaires).
Comment se déroule une embolisation des artères géniculées ?
1) Avant : bilan et planification
Le parcours comprend généralement :
Consultation : analyse des symptômes, traitements déjà réalisés, examen clinique, objectifs (marche, sport, sommeil).
Imagerie : radiographies (stade d’arthrose), parfois IRM selon les cas (synovite, lésions associées).
Évaluation du risque : fonction rénale, traitements (anticoagulants/antiagrégants), antécédents allergiques.
2) Le jour J : un geste mini-invasif
Le geste se fait en salle d’angiographie, le plus souvent sous anesthésie locale (avec sédation si nécessaire selon organisation). Le radiologue interventionnel :
Accède à une artère (souvent au pli de l’aine ou au poignet, selon la stratégie).
Cartographie les artères du genou (angiographie) et repère les zones d’hypervascularisation.
Embolise sélectivement les branches ciblées à l’aide de microcathéters.
3) Après : récupération et suivi
Surveillance courte (quelques heures).
Reprise progressive de la marche selon la douleur, avec recommandations personnalisées.
Le bénéfice n’est pas toujours immédiat : l’amélioration peut s’installer sur quelques semaines.
Résultats : que disent les études sur l’embolisation géniculée ?
Ce que montrent les méta-analyses (tendance globale)
d’environ -38 à -40 points entre 1 et 12 mois après embolisation, avec amélioration également sur des scores fonctionnels (WOMAC, KOOS). Source PubMed (Chlorogiannis et al.)
Une autre revue systématique avec méta-analyse en accès libre (Osteoarthritis and Cartilage Open) publiée en 2023 rapporte notamment :
Un succès technique très élevé (99,7%).
À 12 mois, une proportion importante de patients atteignant des seuils d’amélioration cliniquement significatifs (MCID/SCB selon simulations).
Sur 2 ans : environ 5,2% ont eu une prothèse totale de genou, et 8,3% une embolisation répétée.
Événements indésirables le plus souvent mineurs, avec notamment des décolorations cutanées transitoires rapportées. Source PMC (Taslakian et al., 2023).
Pourquoi il faut aussi regarder les essais “sham” (placebo) : une efficacité encore discutée
Les essais randomisés contre procédure simulée (sham) sont importants car la douleur de genou est sensible à l’effet contextuel (prise en charge, attentes, variation naturelle des poussées).
Un essai randomisé triple-aveugle publié en 2023 (KOOS) n’a pas retrouvé de différence significative sur le critère principal à 12 mois, même si les deux groupes s’amélioraient. Le sous-groupe ayant eu une embolisation “complète” semblait mieux évoluer sur certains critères. Source PubMed (Landers et al., 2023).
Une revue systématique d’essais randomisés contre sham publiée en 2025 (3 essais, 138 patients) conclut à une sécurité favorable et un soulagement à court terme possible chez certains patients, mais souligne des effectifs limités et une hétérogénéité méthodologique. Source PubMed (Milhem et al., 2025).
Que disent les recommandations ?
Au Royaume-Uni, le NICE (guidance octobre 2021) estime que la sécurité à court terme ne soulève pas de préoccupation majeure, mais que les preuves d’efficacité et de sécurité à long terme sont insuffisantes ; le NICE recommande donc un usage dans un cadre de recherche et par des radiologues interventionnels formés. Source NICE (IPG708, 2021).
En parallèle, les recommandations “classiques” de prise en charge de l’arthrose du genou insistent sur le socle : activité physique adaptée, renforcement, perte de poids si besoin, antalgiques/anti-inflammatoires selon profil, et discussion chirurgicale lorsque l’arthrose est très évoluée. L’AAOS a par exemple publié une mise à jour de ses recommandations en 2021 sur la prise en charge non prothétique. Source AAOS (2021).
Sécurité : quels risques et effets indésirables possibles ?
Comme toute procédure endovasculaire, l’embolisation géniculée comporte des risques, le plus souvent rares et/ou transitoires, discutés en consultation :
Hématome au point de ponction, douleur locale.
Décoloration cutanée transitoire (rapportée dans plusieurs séries et méta-analyses). Source PMC (2023).
Douleur inflammatoire temporaire, paresthésies, réaction au contraste.
Très rarement : embolisation non ciblée, atteinte cutanée plus marquée (ulcération focale), complication vasculaire.
Un point important : certains patients arthrosiques ont aussi une pathologie artérielle des membres inférieurs. L’évaluation vasculaire fait donc partie du raisonnement médical (voir : Artériopathie des membres inférieurs (AOMI) et angioplastie).
Choisir la bonne option : où se place l’embolisation géniculée ?
Tableau comparatif des options (douleur et fonction)
Option | Objectif principal | Invasivité / anesthésie | Délai de récupération (ordre de grandeur) | Quand on y pense souvent |
|---|---|---|---|---|
Rééducation, renforcement, activité physique adaptée | Améliorer fonction, stabiliser le genou, réduire la douleur | Non invasif | Progressif (semaines) | Base du traitement à tous les stades (adapté aux poussées) |
Traitement médical / infiltrations (selon indication) | Calmer douleur et inflammation | Mini-invasif (injection), souvent sans anesthésie générale | Rapide (jours) | Poussées douloureuses, douleur persistante malgré rééducation |
Embolisation des artères géniculées | Diminuer l’hypervascularisation synoviale et la douleur | Mini-invasif endovasculaire, le plus souvent anesthésie locale | Souvent court (jours), effet en semaines | Douleur chronique résistante, discussion au cas par cas, patient bien sélectionné |
Chirurgie (ostéotomie, prothèse totale…) | Corriger l’axe / remplacer l’articulation | Invasif, anesthésie (souvent générale ou locorégionale) | Plus long (semaines à mois) | Arthrose très évoluée, handicap majeur, échec des traitements |
Remarque : ce tableau est informatif. La décision dépend de l’examen, de l’imagerie, du stade d’arthrose, des comorbidités et des objectifs (marche, travail, sport, qualité de vie).
Conseils concrets avant de “se lancer”
Ce qu’il est utile d’avoir déjà tenté (et documenté)
Un programme de renforcement quadriceps/hanche et d’endurance adapté (kinésithérapie + auto-exercices).
Une stratégie sur le poids si nécessaire (même une perte modérée peut aider les articulations portantes).
Un point sur les antalgiques et AINS (bénéfices/risques) et sur les infiltrations déjà réalisées.
Ce que vous pouvez attendre… et ne pas attendre
Objectif réaliste : réduire la douleur et améliorer la marche/les activités.
Objectif non réaliste : “faire disparaître” l’arthrose ou régénérer le cartilage par ce seul geste.
La réponse est variable : certains patients améliorent nettement leurs scores, d’autres peu (d’où l’importance de la sélection et du suivi). Source essai randomisé (2023).
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 : où s’informer et comment s’orienter
Si vous explorez l’option de l’embolisation géniculée, commencez par vous familiariser avec :
Le centre et les informations pratiques : Centre Spécialisé de Radiologie Interventionnelle Parly II - Yvelines (page d’accueil).
La page dédiée à l’approche : Embolisation articulaire.
La prise de rendez-vous : Rendez-vous en ligne facile et rapide.
Des articles de pédagogie patient : Blog CSRI 78 Radiologie.
FAQ – Douleur de genou, arthrose et RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78
RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 propose-t-elle une alternative à la prothèse de genou ?
La radiologie interventionnelle peut, chez certains patients, proposer des options mini-invasives visant surtout à réduire la douleur et améliorer la fonction, comme l’embolisation articulaire (dont l’embolisation des artères géniculées). Cela ne remplace pas systématiquement la chirurgie : lorsque l’arthrose est très avancée et le handicap majeur, la prothèse reste parfois la solution la plus efficace. L’intérêt est d’évaluer votre situation (stade, symptômes, attentes, risques) pour savoir si une option interventionnelle a du sens dans votre parcours.
En combien de temps peut-on ressentir un effet après une embolisation des artères géniculées ?
Il n’y a pas de délai unique. Après le geste, certains patients ressentent une amélioration en quelques jours, mais l’effet est souvent plus progressif, sur plusieurs semaines. La douleur peut fluctuer (poussées d’arthrose), et une reprise adaptée des activités/renforcement reste importante. Les études rapportent des améliorations sur des échelles de douleur et de fonction dès 1 mois, avec un suivi souvent décrit jusqu’à 6–12 mois, tout en soulignant que les résultats varient selon les profils et la complétude de l’embolisation.
Quels sont les risques les plus fréquents de l’embolisation géniculée ?
Les effets indésirables les plus souvent rapportés sont généralement mineurs : hématome au point de ponction, gêne locale, et parfois des décolorations cutanées transitoires. Dans une méta-analyse (2023), la décoloration cutanée transitoire est citée comme l’événement le plus fréquent, avec des complications sévères rares. Comme pour tout geste endovasculaire, une évaluation médicale est indispensable (terrain vasculaire, rein, allergie au contraste, traitements anticoagulants/antiagrégants).
Est-ce une technique “prouvée” ou encore en évaluation ?
Les données s’accumulent et plusieurs méta-analyses rapportent des améliorations de douleur et de fonction après embolisation. Cependant, les essais randomisés contre procédure simulée (sham) sont particulièrement importants : ils montrent une sécurité favorable, mais des résultats d’efficacité parfois modestes et hétérogènes selon les critères. Le NICE (2021) considère que l’efficacité et la sécurité à long terme sont encore insuffisamment établies pour un déploiement large hors recherche. En pratique, cela renforce l’importance d’une sélection rigoureuse et d’une information claire du patient.
Comment prendre rendez-vous avec RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 pour discuter de mon genou ?
Vous pouvez commencer par consulter les pages d’information sur l’embolisation articulaire et la radiologie interventionnelle, puis programmer un rendez-vous pour faire le point sur votre dossier (imagerie, traitements déjà tentés, gêne fonctionnelle, objectifs). La prise de rendez-vous est accessible via la page Rendez-vous en ligne facile et rapide. Le jour de la consultation, pensez à apporter vos comptes rendus (radio/IRM), la liste de vos traitements, et si possible un bref “journal de douleur” (marche, escaliers, nuit, activités).
Et maintenant ?
Si vous souffrez d’arthrose du genou avec une douleur persistante malgré une prise en charge bien conduite, l’embolisation des artères géniculées peut faire partie des options à discuter. Pour avancer, consultez la page Embolisation articulaire, puis prenez rendez-vous au Centre Spécialisé de Radiologie Interventionnelle Parly II – Yvelines afin d’évaluer votre éligibilité, vos bénéfices attendus et les risques selon votre situation.


