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Cimentoplastie vertébrale (vertébroplastie) : indications, bénéfices et risques pour les fractures ostéoporotiques — RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78

  • Cedric KTORZA
  • il y a 7 heures
  • 9 min de lecture
Illustration 3D réaliste de cimentoplastie vertébrale (vertébroplastie/kyphoplastie) sur fracture en tassement ostéoporotique thoraco-lombaire, aiguille trans-pédiculaire et injection de ciment PMMA visible en cutaway, ambiance de salle de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78.

La cimentoplastie vertébrale peut soulager rapidement certaines douleurs de fractures vertébrales ostéoporotiques.

Quand une fracture de compression vertébrale survient sur ostéoporose, la douleur peut être très intense, limiter la marche, le sommeil et augmenter la consommation d’antalgiques. La vertébroplastie (forme de cimentoplastie vertébrale) consiste à injecter un ciment médical (le plus souvent du PMMA) dans la vertèbre fracturée, sous contrôle d’imagerie, afin de la stabiliser. L’objectif est principalement antalgique (diminution de la douleur) et fonctionnel (reprise de la mobilité).

Sur le site de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78, vous pouvez retrouver une page dédiée à la procédure : cimentoplastie / vertébroplastie.

À retenir : la cimentoplastie n’est pas un “traitement de l’ostéoporose”, mais une option mini-invasive pour des douleurs parfois réfractaires, après sélection rigoureuse (clinique + imagerie) et discussion des bénéfices/risques.

Pourquoi les fractures vertébrales ostéoporotiques sont un enjeu majeur

Les fractures dites de “fragilité” (dont les fractures vertébrales) augmentent avec l’âge, en particulier chez la femme après la ménopause. À l’échelle mondiale, l’OMS souligne l’ampleur du fardeau des fractures (incidence, handicap, vieillissement de la population). (<a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/fragility-fractures?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">who.int</a>)

Concernant les fractures vertébrales (toutes causes confondues dans les analyses de fardeau global), une étude basée sur des données 1990–2021 rapporte des ordres de grandeur de millions de cas par an à l’échelle mondiale (incidence estimée à environ 7,5 millions en 2021, selon cette publication). (<a href="https://josr-online.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13018-025-05915-9?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">josr-online.biomedcentral.com</a>)

Au niveau individuel, une fracture vertébrale peut entraîner :

  • Douleur aiguë (souvent dorsale ou lombaire) parfois très invalidante

  • Perte de mobilité, déconditionnement, risque de chute

  • Cyphose (dos voûté) et baisse de taille si tassements multiples

  • Retentissement respiratoire dans les déformations importantes

  • Risque de nouvelles fractures en l’absence de prise en charge de l’ostéoporose

Cimentoplastie, vertébroplastie, cyphoplastie : définitions simples

La cimentoplastie vertébrale, c’est quoi exactement ?

Le terme cimentoplastie décrit l’injection percutanée d’un ciment dans un os pour le consolider. Au niveau du rachis, on parle surtout de :

  • Vertébroplastie : injection de ciment directement dans la vertèbre fracturée, sous contrôle radiologique.

  • Cyphoplastie (kyphoplastie) : technique proche, avec utilisation d’un ballon (ou systèmes équivalents) visant à créer une cavité et parfois à restaurer partiellement la hauteur avant injection du ciment.

Tableau comparatif : vertébroplastie vs cyphoplastie

Point clé

Vertébroplastie

Cyphoplastie (kyphoplastie)

Principe

Injection de ciment (PMMA le plus souvent) pour stabiliser la fracture

Ballon/cavité puis injection de ciment

Objectif principal

Antalgie + stabilisation

Antalgie + stabilisation, parfois correction partielle de la hauteur

Durée / organisation

Souvent courte, mini-invasive (variable selon les cas et le nombre de niveaux)

Souvent plus longue et matériel spécifique

Fuite de ciment

Risque existant ; dépend de la fracture, de la technique, de la viscosité du ciment

Risque existant ; certaines études comparent des profils de fuite différents selon techniques

Quand l’envisager ?

Douleurs sévères persistantes avec fracture récente non consolidée, après échec d’un traitement antalgique optimal (selon recommandations)

Selon la morphologie de la fracture, l’objectif (douleur/hauteur), et l’évaluation spécialisée

Pour comprendre le cadre général de ces actes guidés par l’imagerie, vous pouvez lire : la radiologie interventionnelle : qu’est-ce que c’est ?

Quelles sont les indications les plus fréquentes en cas de fracture ostéoporotique ?

Les indications ne se résument pas à “avoir une fracture” : le point central est de relier la douleur à une fracture récente non consolidée, et de s’assurer qu’un traitement médical bien conduit n’a pas suffi.

À titre de repère, le NICE (Royaume-Uni) recommande la vertébroplastie/kyphoplastie uniquement chez des patients avec douleur sévère persistante après une fracture récente non consolidée malgré une prise en charge antalgique optimale, avec douleur confirmée au niveau de la fracture par examen et imagerie. (<a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ta279/chapter/1-Guidance" target="_blank" rel="noopener noreferrer">nice.org.uk</a>)

Situations où l’on la discute le plus souvent

  • Fracture vertébrale récente (souvent confirmée en IRM par œdème, selon le contexte clinique).

  • Douleur intense et localisée, limitant la station debout/la marche, malgré antalgiques adaptés.

  • Impossibilité de réduire les antalgiques (notamment opioïdes) ou retentissement fonctionnel majeur.

  • Parfois, tassement évolutif ou risque de déformation (selon morphologie), après avis spécialisé.

Situations où ce n’est généralement pas la bonne réponse

  • Douleur non corrélée au niveau de la fracture (douleur diffuse, autre origine : discale, facettaire, canal lombaire, etc.).

  • Fracture ancienne déjà consolidée (l’intérêt antalgique devient incertain).

  • Infection suspectée/confirmée (discite, spondylodiscite).

  • Trouble de la coagulation non contrôlé ou traitement anticoagulant/antiagrégant nécessitant un protocole spécifique (à encadrer médicalement).

  • Déficit neurologique ou compression canalaire significative : une prise en charge “rachis” spécialisée (souvent chirurgicale) peut être prioritaire.

Que dit la littérature scientifique sur l’efficacité ? (et pourquoi les avis divergent)

La vertébroplastie a fait l’objet d’essais contrôlés, y compris contre procédure placebo. Deux essais publiés dans le New England Journal of Medicine en 2009 ont marqué un tournant en ne retrouvant pas de bénéfice clinique majeur versus placebo dans leurs conditions d’étude. (<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19657121/?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">pubmed.ncbi.nlm.nih.gov</a>)

Une synthèse Cochrane (mise en avant en 2018) conclut que des preuves de haute qualité ne montrent pas de bénéfice cliniquement important de la vertébroplastie versus placebo en routine, tout en rappelant l’existence d’événements indésirables graves possibles (rares). (<a href="https://www.cochrane.org/hr/evidence/CD006349_vertebroplasty-treating-spinal-fractures-due-osteoporosis?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">cochrane.org</a>)

À l’inverse, certains essais plus récents, ciblant des fractures très récentes avec douleur très sévère, rapportent un bénéfice antalgique supérieur au placebo. Par exemple, l’essai VAPOUR (Lancet, 2016) inclut des patients avec fractures < 6 semaines et douleur ≥ 7/10, et montre une proportion plus élevée de patients soulagés à J14 dans le groupe vertébroplastie. (<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27544377/?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">pubmed.ncbi.nlm.nih.gov</a>)

Comment l’expliquer ? Sans “promettre” un résultat individuel, on retient surtout que l’efficacité dépend fortement :

  • du profil du patient (âge, fragilité, comorbidités, douleur, mobilité)

  • de la récence et de l’activité de la fracture à l’imagerie

  • de la qualité de la corrélation clinico-radiologique (douleur au bon niveau)

  • de la technique (viscosité, volume, remplissage, contrôle de fuite)

Comment se déroule une cimentoplastie vertébrale ? (parcours type)

Le déroulé exact varie selon l’organisation locale, le nombre de vertèbres à traiter et le terrain médical. Le principe reste celui d’un acte mini-invasif guidé par l’imagerie, réalisé par une équipe entraînée.

1) Avant l’acte : évaluation et imagerie

  • Examen clinique : localisation précise de la douleur, retentissement (marche, sommeil), neurologie.

  • Imagerie :

    • radiographies/scan pour la morphologie du tassement

    • souvent IRM pour dater la fracture (œdème) et éliminer d’autres diagnostics selon le cas

  • Bilan biologique (notamment hémostase) selon protocole médical.

  • Traitements : adaptation éventuelle d’anticoagulants/antiagrégants selon décision médicale (ne jamais arrêter seul).

2) Pendant l’acte : stabiliser la vertèbre par injection contrôlée

  • Installation le plus souvent sur le ventre (décubitus ventral).

  • Anesthésie locale et/ou sédation selon les cas (décision médicale).

  • Mise en place d’une aiguille dans la vertèbre sous contrôle radioscopique (et parfois scanner selon organisations).

  • Injection progressive du ciment, avec surveillance attentive d’une éventuelle fuite.

3) Après l’acte : surveillance, reprise de l’appui, sortie

  • Surveillance de la douleur, de la tension, de la neurologie et du point de ponction.

  • Reprise de la marche le jour même ou le lendemain selon le contexte.

  • Organisation du suivi (médecin traitant, rhumatologue/gériatre, prise en charge de l’ostéoporose).

Pour un autre exemple d’acte guidé par l’imagerie (logique de sécurité, ciblage, mini-invasif), voir aussi la page : biopsies : guidage sûr et mini-invasif.

Bénéfices attendus : ce qu’on peut raisonnablement espérer

  • Diminution de la douleur (parfois rapide) chez des patients bien sélectionnés.

  • Amélioration fonctionnelle : se lever, marcher, reprendre des activités essentielles.

  • Réduction de la consommation d’antalgiques chez certains patients (objectif important si opioïdes mal tolérés).

Exemple concret (cas typique, fictif) : une patiente de 79 ans, avec fracture récente de T12 après un effort minime, douleur 8/10 malgré antalgiques et limitation majeure de la marche. Si l’IRM confirme une fracture active au niveau douloureux, une cimentoplastie peut être discutée pour obtenir une stabilisation interne et viser un soulagement permettant une reprise de la mobilisation et de la kinésithérapie.

Risques et complications : transparence et mise en perspective

Comme tout geste invasif, la cimentoplastie comporte des risques. La plupart sont rares, mais doivent être expliqués et anticipés (sélection, technique, contrôle d’imagerie, protocole d’hémostase).

La fuite de ciment : la complication la plus fréquente

La fuite de ciment (cement leakage) est la complication la plus souvent décrite. Selon les études et les méthodes de détection, les taux rapportés varient largement ; une méta-analyse sur les facteurs de risque cite des fuites rapportées de l’ordre de 30% à 65% chez des patients avec tassement ostéoporotique (souvent asymptomatiques). (<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1878875017301535?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sciencedirect.com</a>)

Une publication de 2024 centrée sur l’augmentation vertébrale ostéoporotique (analyse de cohortes) illustre également l’ampleur des fuites radiologiques rapportées dans la littérature, en rappelant que l’incidence dépend de nombreux paramètres (type de procédure, fracture, viscosité, volume, imagerie de contrôle). (<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38978188/?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">pubmed.ncbi.nlm.nih.gov</a>)

Complications potentiellement graves (rares)

  • Compression nerveuse si fuite épidurale/foraminale (douleur radiculaire, déficit neurologique).

  • Embolie (notamment embolie pulmonaire de ciment) : complication décrite, incidence variable selon séries et stratégies de dépistage ; les revues soulignent l’hétérogénéité des données. (<a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11745741/?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">pmc.ncbi.nlm.nih.gov</a>)

  • Infection (ostéomyélite), complication rare mais grave.

  • Hématome ou complications liées à l’anesthésie/sédation.

Risque de fracture adjacente : à connaître, à prévenir

Après une augmentation vertébrale (vertébroplastie/kyphoplastie), des fractures sur des vertèbres voisines peuvent survenir. Une méta-analyse (2020) rapporte une incidence poolée d’environ 14% de fractures adjacentes après augmentation vertébrale, avec des facteurs de risque comme le T-score bas, la jonction thoraco-lombaire, le volume de ciment et certaines fuites intradiscales. (<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33272041/?utm_source=openai" target="_blank" rel="noopener noreferrer">pubmed.ncbi.nlm.nih.gov</a>)

Ce risque renforce un message clé : traiter l’ostéoporose et prévenir la chute restent indispensables, que l’on fasse (ou non) une cimentoplastie.

Préparer et optimiser le résultat : ce qui compte vraiment

Optimiser le diagnostic (douleur ↔ fracture)

  • Identifier le bon niveau (la vertèbre réellement responsable de la douleur).

  • Vérifier la récence et l’activité de la fracture (souvent par IRM selon indication).

  • Écarter des diagnostics différentiels (métastase, myélome, infection), selon contexte médical.

Optimiser l’os (en parallèle)

  • Évaluation de l’ostéoporose (densitométrie, bilan, traitement anti-ostéoporotique si indiqué).

  • Vitamine D / calcium si nécessaire (selon avis médical).

  • Prévention des chutes : correction visuelle, chaussage, aménagement du domicile, renforcement musculaire.

Pour des informations patient et la logique des traitements mini-invasifs, vous pouvez consulter le blog CSRI 78 Radiologie.

Ressources fiables pour aller plus loin (recommandations & preuves)

FAQ — Cimentoplastie vertébrale & RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78

Dans quels cas une vertébroplastie peut-elle être proposée en RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 ?

De manière générale, une vertébroplastie se discute surtout en cas de fracture vertébrale récente responsable d’une douleur sévère persistante malgré un traitement antalgique bien conduit, avec une douleur confirmée au niveau de la fracture par l’examen et l’imagerie (IRM/scan selon indication). La décision dépend aussi de votre état général, de l’hémostase, du nombre de vertèbres atteintes et de l’existence (ou non) de signes neurologiques. Le plus fiable est de réaliser une évaluation spécialisée et de discuter les alternatives (traitement médical, orthèse, rééducation).

Combien de temps dure une cimentoplastie vertébrale et est-ce douloureux ?

La durée varie selon le nombre de vertèbres traitées et la complexité (fracture, anatomie, contrôle des fuites). L’acte est en principe réalisé avec une prise en charge de la douleur (anesthésie locale et/ou sédation selon décision médicale), ce qui le rend généralement bien toléré. Après l’intervention, une douleur transitoire au point de ponction peut exister, mais l’objectif est une amélioration de la douleur liée à la fracture. Une surveillance post-acte est réalisée, puis une sortie est organisée selon le protocole.

Quels sont les risques les plus fréquents après vertébroplastie ?

Le risque le plus souvent décrit est la fuite de ciment, fréquemment visible à l’imagerie mais le plus souvent sans conséquence clinique. Plus rarement, une fuite peut irriter ou comprimer une racine nerveuse (douleur de jambe, déficit), ou migrer dans le réseau veineux avec risque d’embolisation. D’autres complications, plus rares, incluent infection, hématome et complications liées à l’anesthésie/sédation. L’équipe réduit ces risques par la sélection (bonne indication), le contrôle d’imagerie et des paramètres techniques (viscosité/volume).

Comment prendre rendez-vous pour un avis (RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78) ?

Si vous souhaitez une évaluation, l’approche la plus simple est de passer par la page d’information du Centre de Radiologie Interventionnelle (Parly II, Yvelines) puis d’utiliser les modalités de prise de rendez-vous disponibles. Un article pratique explique aussi la démarche : rendez-vous en ligne facile et rapide au Centre Parly 2. Préparez vos examens (IRM/scan/radiographies), votre liste de traitements (dont anticoagulants) et un descriptif de la douleur (début, intensité, localisation) pour faciliter l’avis.

Et maintenant ?

Si vous ou un proche souffrez d’une douleur importante liée à une fracture vertébrale ostéoporotique, l’étape clé est une évaluation clinico-radiologique pour vérifier que la douleur correspond bien à une fracture récente et pour discuter les options (traitement médical, orthèse, rééducation, et éventuellement cimentoplastie). Pour en savoir plus sur la procédure, consultez la page cimentoplastie / vertébroplastie et découvrez l’approche globale de RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE 78 sur le site du Centre Spécialisé de Radiologie Interventionnelle Parly II.

 
 
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